Nativité et Pères de l’Église Enregistrer au format PDF

Lundi 10 décembre 2018
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« Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu se lever une grande lumière ; et sur les habitants du pays de l’ombre, une lumière a resplendi. […] Oui, un enfant nous est né, un fils nous a été donné ! »

Ces mots du prophète Isaïe, au chapitre 9, résonnent lors de la première lecture de la messe de la nuit de Noël. Ils nous indiquent, de manière prophétique, la venue inouïe de Dieu sur terre, son incarnation dans notre condition humaine.

Les pères de l’Église ont rapidement écrit des textes qui traduisent leur émerveillement, leur respect pour cet acte si extraordinaire.

Bède le Vénérable (672-735) nous dit : « Le Christ a daigné s’incarner encore à cette époque, afin qu’aussitôt sa naissance, il fût compris dans le dénombrement commandé par César Auguste, et soumis lui-même à la servitude pour nous délivrer. Il naît à Bethléem, non seulement pour prouver sa descendance royale, mais à cause de la signification mystérieuse de ce nom. »

Saint Grégoire le Grand (540-604) nous éclaire : « Il convient que la naissance du Seigneur ait lieu à Bethléem, car Bethléem signifie ‘la maison du pain’ ». Or Il a dit lui-même : “Je suis le pain vivant descendu du Ciel” (Jn 6, 41). […] Celui qui, d’une nourriture spirituelle, rassasiera un jour l’âme de ses élus devait y paraître revêtu de la chair ».

Saint Jean Chrysostome (345-407) nous fait remarquer : « Sans doute, s’il eût voulu, il pouvait venir en ébranlant les cieux, en faisant trembler la terre, en lançant la foudre ; il a rejeté tout cet appareil, car il venait, non pour perdre, mais pour sauver l’homme, et, dès sa naissance, fouler aux pieds son orgueil. Il ne lui suffit donc pas de se faire homme, il se fait homme pauvre, et il choisit une mère pauvre, qui n’a point même de berceau pour y déposer son enfant nouveau-né : « Et elle le coucha dans une crèche ».

Saint Ambroise (339-394) nous rappelle l’importance des mots utilisés : « Voyez avec quel soin la sainte Écriture pèse le sens de chacune des paroles qu’elle emploie ; en effet, celui qui voit la chair du Seigneur, voit le Verbe qui est le Fils de Dieu. Gardez-vous de faire peu de cas de cet exemple de foi, parce qu’il vous est donné par de pauvres bergers, Dieu recherche la simplicité et rejette les prétentions orgueilleuses : « Et ils se hâtèrent de venir », etc. Personne ne doit chercher Jésus-Christ avec négligence. »

Pour terminer et entrer dans la joie de Noël mettons-nous à l’écoute de Grégoire de Nazianze (329-390), évêque de Constantinople. À Noël 380, dans le discours pour la Théophanie (disc. 38), prononcé dans la basilique des Saints-Apôtres, il invite les chrétiens à fêter Noël dans la joie :

« Le Christ naît, rendez gloire ; le Christ vient des cieux, allez à sa rencontre ; le Christ est sur terre, élevez-vous. […] “Que se réjouissent les cieux et qu’exulte la terre” à cause de celui qui est “céleste” et ensuite “terrestre”. Le Christ est dans la chair : exultez ».

Joyeux et Saint Noël

Jean-Luc Strugarek