Hommage de Pierre Péron Enregistrer au format PDF

Mercredi 2 décembre 2015
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De ses années passées à Erquy, son dernier ministère, il était difficile de faire un choix des faits marquants de son apostolat : J’en ai retenu trois, qui à mon sens, reflètent bien la personnalité du Père François Gibet : La création du conseil d’Église, l’ami des pauvres , l’ouverture au monde !!

Le Conseil d’Église : c’était vraiment sa priorité !

Dès son arrivée, il prépara sa mise en place, en privilégiant l’élection de ses membres par une consultation qui eût lieu le dimanche des Rameaux. Cette date n’était pas choisie au hasard : L’assistance y est plus nombreuse et en dehors des vacances scolaires, pour garder le caractère local de la consultation. Dans le bulletin « Ensemble » du mois de mai 1987, il écrivait : « 250 bulletins de vote exprimés … est-ce peu ? Est-ce beaucoup ? .A chacun de juger !..Par contre, tous ceux qui ont fait le geste de remettre leur bulletin de vote ont exprimés par là leur intérêt pour l’Église, ce qu’elle vit ici à Erquy, ce qu’elle est appelée à vivre. L’Église d’Erquy : C’est notre bien à tous, laïcs, religieuses, prêtres. Chacun à sa manière, et de par son baptême, en a la charge. Il y a encore beaucoup de chemin à faire pour que soit mise en œuvre effectivement cette « co-responsabilité » demandée par le Concile Vatican II. La constitution de notre Conseil d’Église se situe dans cette perspective ».

Avec le recul, presque 30 ans après , on peut considérer qu’il y avait eu peu de votants par rapport aux nombre de personnes qui assistaient à la messe ce jour-là ! !Cela peut se comprendre, car rares étaient les paroisses du Diocèse qui avaient mis en place de tels conseils, surtout de cette manière ! Le message de leur recteur affirmant qu’un jour proche il n’y aurait plus de prêtre à Erquy, avait du mal à convaincre, puisque trois prêtres résidaient à Erquy à ce moment-là !

Au mois de juin suivant, le Conseil d’Église se réunit pour la première fois et désigna une petite équipe animatrice. L’important, écrivait encore le père Gibet :« qu’il y ait un esprit d’équipe, qu’on commence par s’évangéliser entre nous dans le respect des différences.  »

La priorité fût de constituer de nouveaux services paroissiaux : liturgie, baptême, funérailles, et d’en former les membres. La création de l’EAP des paroisses d’Erquy et La Bouillie, en 1997 fût la suite logique du conseil d’Église.

C’est ce conseil, devenu EAP en 1997, qui dût gérer l’absence du Père Gibet, hospitalisé au début d’août, mois de grosse affluence à Erquy. Il ne restait plus, en effet, qu’un seul prêtre qui rendait service à la paroisse pendant ses vacances !

Quelques années plus tard, l’histoire se répéta, avec la maladie du Père Gauthier, qui aura été le dernier prêtre à résider à Erquy !!

La clairvoyance et la ténacité de François Gibet pour appeler et former ces bénévoles des forces vives de la paroisse auront permis à la communauté paroissiale de se rassembler et de se mobiliser pour affronter ces moments difficiles, lui qui répétait sans cesse : «  Prêtres et laïcs, portent ensemble la charge pastorale !  »

L’ami proche des pauvres

Grâce à la simplicité et la générosité du Père Gibet, le presbytère d’Erquy était un lieu d’accueil pour les pauvres, qui trouvaient là écoute et aide dans la mesure des possibilités. Mais son grand souci était les sans-abris. Le premier hiver qu’il passa à Erquy fût glacial, et il n’eût de cesse que paroisse et municipalité trouvent un local pour ces pauvres livrés à la rue. Cet hébergement d’urgence fût créé dans un immeuble communal, tout près du presbytère, nommé familièrement le « local du routard ». Ce local, qui existe toujours, a été malheureusement détourné de sa vocation première : un accueil temporaire dans l’urgence !!

L’ouverture au monde.

François Gibet disait souvent : «  Pour l’Évangélisation, il faut ratisser large !!  » Mais comment rencontrer les personnes qu’il ne voyait ni à l’église, ni au presbytère ? Le samedi, jour de marché à Erquy, au prétexte d’aller acheter les galettes qu’il affectionnait, il allait à la rencontre des gens : qu’ils soient du pays ou vacanciers, commerçants, agriculteurs ou marins, serrant les mains, dialoguant et écoutant chacun avec attention et compréhension, toujours avec cette simplicité et cette cordialité qui le caractérisait.

C’était sa façon à lui d’aller vers les périphéries !!

Pierre Péron Membre de l’E.A.P. de la Paroisse d’Erquy-Fréhel