Épiphanie et Pères de l’Eglise Enregistrer au format PDF

Jeudi 3 janvier 2019 — Dernier ajout vendredi 28 décembre 2018
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« Elle est venue ta lumière, et la gloire du Seigneur s’est levée sur toi. […]
Les nations marcheront vers ta lumière et les rois, vers la clarté de ton aurore. »

Cet extrait de la première lecture de la fête de l’Épiphanie nous permet d’entendre Isaïe prophétiser. Ne quittons pas la joie de Noël et partageons l’adoration des mages.

Le mot « Épiphanie » vient d’un mot grec qui signifie manifestation. La fête de l’Épiphanie fut adoptée en Occident au 4e siècle, elle célèbre la manifestation de Dieu aux hommes. Dès les origines, les chrétiens ont essayé de mettre des mots sur cet évènement inouï : l’Incarnation et donc la naissance du Sauveur attendu depuis si longtemps.

Saint Jean Chrysostome (345-407) nous partage ses remarques : « Qu’y a-t-il d’étonnant que le soleil de justice, sur le point de se lever, ait voulu être annoncé par une étoile miraculeuse ? Elle s’arrêta au-dessus de la tête de l’enfant comme pour dire : " C’est lui. " Elle le désignait en s’arrêtant au-dessus de lui, parce qu’elle ne pouvait le faire en parlant. »

Saint Augustin (354-430) nous éclaire sur le rôle de l’étoile : « Et pour que cet hommage rendu au Christ fût plus éclatant, l’étoile ralentit sa marche jusqu’à ce qu’elle eut amené les Mages aux pieds de l’enfant. Elle se mit à la disposition des Mages mais sans leur commander. Elle montra au Sauveur ses adorateurs, éclaira la grotte d’une abondante lumière, inonda le toit de cette étable de ses rayons éclatants et disparut ensuite ». C’est ce que l’Évangéliste indique lorsqu’il ajoute : « Jusqu’à ce qu’étant arrivée sur le lieu où était l’enfant, elle s’y arrêta ».

Saint Ambroise (339-394) nous délivre un message pour l"aujourd’hui de chacun de ses lecteurs : « Cette étoile c’est la voie et la voie c’est le Christ, car, par le mystère de son incarnation il est comme une étoile, étoile brillante, étoile du matin, qu’on ne peut voir dans les lieux où règne Hérode mais qui reparaît de nouveau là où habite le Christ pour nous montrer le chemin. »

Saint Léon le Grand (398-461) nous invite à méditer sur la plénitude de l’incarnation : « Ils le trouvèrent petit de forme, réduit à avoir besoin du secours d’autrui, incapable de parler, ne différant en rien de la généralité des autres enfants ; car de même que des témoignages incontestables prouvaient qu’en lui se trouvait l’invisible majesté de Dieu, de même il devait être démontré que cette nature éternelle du Fils de Dieu s’était unie à la vérité de la nature humaine. »

Saint Augustin (354-430) nous rappelle le sens des offrandes des mages : « Ils lui offrent de l’or comme à un roi puissant, l’encens comme à un Dieu, la myrrhe comme à celui qui devait mourir pour le salut de tous. »

Que Saint Jean Chrysostome (345-407) nous accompagne tout au long de cette nouvelle année, en nous invitant à voir l’essentiel : « Si donc ils étaient venus chercher un roi de la terre, la joie eût fait place chez eux à un sentiment de confusion, de ce qu’un si grand voyage était pour eux sans résultat. Mais comme le roi qu’ils cherchaient était le roi du ciel, bien qu’ils ne découvraient en lui rien de royal, contents du témoignage que lui rendait l’étoile, ils se réjouissaient à la vue de ce pauvre enfant dont l’Esprit saint leur dévoilait au fond du cœur la redoutable majesté ; c’est pour cela qu’ils se prosternèrent pour l’adorer, car si leurs yeux ne voient en lui qu’un homme, ils reconnaissent un Dieu. »

Que la joie de l’Épiphanie nous accompagne chaque jour de 2019.

Jean-Luc STRUGAREK