Dimanche de Pâques Enregistrer au format PDF

Samedi 31 mars 2018
0 vote

Une faille dans la mort

Une femme. On l’imagine grave et silencieuse, s’approchant du tombeau. Mais tout s’accélère. Marie Madeleine court dans le petit matin. Et voici Pierre et Jean qui courent eux aussi. Ce n’est pas encore la foi dans le Ressuscité qui les propulse. À ce moment, la foi des disciples n’est qu’un point d’interrogation car la nouvelle qu’ils viennent d’entendre est tellement surprenante : « On a enlevé le Seigneur du tombeau ! ».

Étonnement des disciples au tombeau. Quelque chose d’énorme dans l’histoire des hommes est en train de changer car rien n’est en place comme il le faudrait : la pierre roulée, les linges rangés, et le cadavre qui n’est plus là. Le tombeau vide est le signe d’une immense faille dans ce qui paraissait inéluctable dans le destin des hommes.

Jean vit et crut. Il a reconnu dans l’absence de Jésus le signe de la libération de la mort. Croire en la résurrection de Jésus, c’est croire en cette faille dans la mort. Si la mort fait partie de notre condition, elle ne verrouille plus notre destinée. La mort a perdu de son pouvoir. À Pâques, une faille gigantesque est advenue dans la mort.

Cette espérance est considérable. Elle donne aux hommes de croire en la vie éternelle. Elle les porte dans l’espérance. Et les voici qui s’engagent dans la confiance en la charité de Dieu plus forte que la mort.

Mgr Laurent Le Boulc’h Évêque de Coutances et Avranches

« Article publié dans le n° 6855 du 17 avril 2014 de Pèlerin »

Documents à télécharger