Bon dimanche de la Fête Dieu ! Enregistrer au format PDF

Vendredi 1er juin 2018 — Dernier ajout vendredi 29 juin 2018
0 vote

La Fête-Dieu ou Fête du Saint-Sacrement : accueillir et célébrer le don de Dieu.

Pourquoi « fêter Dieu » un jour particulier dans l’année ?
À chaque Eucharistie, nous faisons mémoire de la mort et de la Résurrection du Seigneur ! L’histoire de la liturgie y répond en partie, tout en nous mettant devant une autre interrogation : quelle est la meilleure manière d’honorer ce Mystère central de notre foi ?

Une question toujours actuelle

La procession de la Fête Dieu date d’une époque, les 13e et 14e siècles, où il fallait « montrer » le Corps du Christ aux chrétiens et le proposer à leur adoration. En effet, la liturgie était alors célébrée sans réelle participation des fidèles et l’hostie consacrée donnait lieu à des abus superstitieux ou magiques. À une époque plus récente, nous voulions affirmer publiquement notre foi, mais, aujourd’hui, nous ne vivons plus dans le même contexte social.

Un geste fondateur

Avant de mourir, Jésus réunit les siens et leur dit : « Ce pain rompu, c’est mon Corps, livré pour vous ; cette coupe partagée, c’est mon Sang, versé pour vous ». Avant d’être « livré » à ses bourreaux, Il instaure une Alliance nouvelle. Il réalise ce qu’Il avait annoncé : « le Père m’aime parce que je me dessaisis de ma vie pour la reprendre ensuite » (Jean 10,17), puis il ajoute : « Faites cela en mémorial de moi. »

Un don permanent

Après l’expérience de la Résurrection, les apôtres comprennent la portée de cette consigne. Ils reconnaissent le Christ vivant « à la fraction du pain ». Ils nous transmettent fidèlement ce geste, si bien que nos eucharisties sont « l’actualisation du Mystère Pascal du Christ dans la liturgie de l’Église  », comme le dit encore Jean-Paul II.
L’anamnèse, chantée après les paroles de la consécration, traduit cette actualisation. Les verbes sont au présent pour bien souligner que l’action se déroule sous nos yeux : « Nous proclamons ta mort, Seigneur Jésus, nous célébrons ta Résurrection, nous attendons ta venue dans la gloire ». L’Eucharistie ne « fête » donc pas seulement un anniversaire ; elle nous insère dans l’histoire du monde, en marche vers l’avènement du Christ.

Célébrer le don de Dieu

La Messe : comment entrer dans une telle prière, sinon par des sentiments d’adoration et de louange ! Adorer le Ressuscité, sans oublier le don reçu
En dépit de tous les efforts, aucune célébration ne nous permettra jamais d’accueillir pleinement le don de Dieu ! Il est donc légitime et tout à fait profitable de prolonger les moments d’adoration et de louange par une prière personnelle ou communautaire. Mais « adorer le Saint-Sacrement » n’est pas une prière ordinaire ni même une simple dévotion privée.

Le « Rituel de l’Eucharistie en dehors de la messe » précise : « Par cette prière devant le Christ Seigneur présent dans le sacrement, les fidèles prolongent l’union obtenue avec Lui dans la communion et renouvellent cet engagement qui les pousse à pratiquer, par toute leur vie, ce que la célébration de l’Eucharistie leur a fait saisir par la foi et le sacrement. »
Cette formulation dense peut nous paraître abstraite ; elle souligne, cependant, la double dimension de cette dévotion ! Au début du 14e siècle, alors que la dévotion eucharistique connut tant de déviations, l’auteur de l’imitation de Jésus Christ en parle avec une étonnante justesse, tout à fait adaptée à notre temps : « Ce n’est pas la légèreté qui attire au Christ, ni la curiosité ; c’est une foi ferme, une espérance dévote, une charité sincère. Ô Dieu, Créateur, tes vrais fidèles, qui consacrent toute leur vie à se corriger, puisent, dans la fréquente réception de ce très digne sacrement, la grâce de la dévotion et l’amour de la vertu. Je te rends grâce, Pasteur éternel, qui daignes nous inviter à nous pénétrer de ces mystères, en disant : « Venez à moi, vous tous qui souffrez et qui portez un fardeau, et moi, je vous soulagerai ».

Antoine Rohmer