Benoît Legrand - l’hommage d’un neveu Enregistrer au format PDF

Mardi 6 février 2018 — Dernier ajout mercredi 7 février 2018
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Mon cher Benoit,

Ta famille, tes amis pleurent ton départ.

Avant ton engagement au service des autres dans l’Église, tu as été, tu restes l’ainé d’une famille nombreuse. Une tribu, disait notre chanoine de grand oncle que nous appelions « tonton Alain. »

L’ainé est pour les plus jeunes la référence, le modèle. Cette hiérarchie acceptée et assumée par tous trouve ses limites au fil des ans. Une certaine distance s’opère par la force des choses, chacun s’émancipe et peu à peu s’éloigne du cœur de la famille. Mais les fondamentaux demeurent et tu resteras dans nos cœurs le grand frère dynamique, diligent partageant tes temps libres entre la lecture, la réflexion et une activité physique.

Je veux donc seulement rappelé, que la période dont j’ai gardé le meilleur souvenir, a été ta nomination à l’Institut des Jeunes sourds. À l’époque, les locaux n’avaient rien de séduisant, à proximité immédiate de la gare SNCF et son incessant trafic. Les lieux avaient un caractère quasi sinistre. Les perspectives d’une réinstallation programmée redonnaient l’espoir d’un sort moins funeste. T u as trouvé là, matière à mettre tous tes talents au service de l’éducation et de la formation des jeunes sourds : il a fallu apprendre le langage des signes, mettre au point une méthode d’apprentissage pour l’enseignement de la lecture, le calcul, créer les outils pédagogiques qui vont avec. Très imaginatif et habile, tu as réalisé des prouesses. Tu faisais cela avec une certaine passion. Tu partageais avec nous tes expériences au cours des quelques jours que tu passais à St Malo. Tu étais un éducateur heureux. L’Institution a déménagé et finalement l’Etat en a repris la gestion. Une autre aventure commençait pour toi dans la responsabilité d’une paroisse.

Depuis ton entrée au Cèdre, nous avons gardé un contact plus allégé, mais non moins réel, grâce à prise en charge de Véronique présente et active et de Bernard et Jacqueline qui nous transmettaient avec précision le compte rendu de leurs visites. Ils ont été, tous les trois, le lien régulier entre toi et nous. Qu’ils soient ici remerciés de leur attention à ton égard.

Nous n’oublierons ni ta belle voix de basse, ni ton sourire, ni ton attention à chacun et la fidélité de ton engagement.

Merci Benoît.

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