Dieu de miséricorde. Voyage au pays de la Bible

samedi 18 juin 2016
par  Jean Besnier
popularité : 42%

d’Alain Marchadour
Bayard, 502 p., 21,90 €

« Nous guider depuis les grands récits de l’Ancien Testament jusqu’aux paroles et aux actes de Jésus, sur ce chemin de lecture et d’interprétation qui conduit de la souffrance à la miséricorde, à l’amour », voilà le projet d’Alain Marchadour dans cet épais volume. Le bibliste assomptionniste se lance effectivement dans un grand « voyage au pays de la Bible », porté par la conviction que « ces textes millénaires ont quelque chose à faire face à la question de la violence qui blesse l’humanité depuis longtemps et demeure encore aujourd’hui ».

Les livres bibliques contiennent des récits de violence. Comment pourrait-il en être autrement puisqu’il y est question de la vie (en grec bios) qui a toujours une affinité avec la violence (bia) – « la violence étant comme une dégradation de la vie devenue folle » ? 
 Il ne faut donc pas craindre de les fréquenter : « Ouvrons la Bible pour tenter d’y repérer un sillage de sens au milieu du non-sens, une lueur de clarté dans un monde ténébreux, une ouverture dans nos impasses où notre propre histoire prenne sens », propose l’auteur, convaincu que la Bible contient une promesse : « De la Genèse aux Évangiles, une lumière se déploie, capable d’éclairer nos chemins, surtout lorsqu’ils croisent ce qui apparaît souvent comme des impasses et qui peut être comme des passages mystérieux vers la vie. »

Les Écritures n’apportent pas de réponse au mal et à l’injustice, mais nous font passer de l’énigme qu’ils représentent à la miséricorde, relève Alain Marchadour. Même le Christ n’y apporte pas d’explication. Au cours de sa vie publique, il a souvent été confronté à l’hostilité, il a rencontré des hommes habités par la violence comme le possédé de Gérasa (Marc, 4-5) et surtout il a pris la souffrance sur lui en subissant une mort injuste et scandaleuse. À travers ces événements, il révèle d’une manière très concrète « comme un chemin de lumière, de sens au cœur même de la nuit ».
La foi demande seulement de croire qu’au terme du chemin – qui est parfois chemin de croix – « il y a la vie, car il a été parcouru par celui que le livre des Actes appelle ”le prince de la vie” (Ac 3, 15) »et en qui la miséricorde de Dieu a pris corps.

Dominique Greiner

La Croix 16 juin 2016


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