La Résurrection du Christ

film américain, 1 h 42 de Kevin Reynolds
jeudi 5 mai 2016
par  Jean Besnier
popularité : 26%

Poncifs Pilate

Cette vision de la résurrection de Jésus, filmée sans subtilité, hésite entre mauvais péplum et polar religieux.

Dans La Passion du Christ, sorti en 2004, Mel Gibson s’était attaché à décrire, avec force violences, les dernières heures de la vie du Christ. Douze ans plus tard, Kevin Reynolds (réalisateur texan à qui l’on doit des divertissements à grands effets tels que La Bête de guerre, Robin des bois – prince des voleurs,Waterworld…) met en scène le mystère de sa résurrection.
Un tribun nommé Clavius (Joseph Fiennes) est chargé par Ponce Pilate d’enquêter sur la disparition de celui que certains présentent comme le Messie, et dont le tombeau, pourtant gardé, a été retrouvé ouvert. En attendant l’arrivée de l’empereur de Rome, Clavius n’a que quelques jours pour retrouver le corps et prouver à tous que ce Yeshua n’était qu’un simple mortel. Secondé par le jeune et ambitieux Lucius (Tom Felton, qui incarna à huit reprises le jeune méchant Drago Malefoy dans les films Harry Potter), le tribun mène l’enquête. Sa rationalité à toute épreuve se trouve peu à peu ébranlée. Un à un, les témoignages de ceux qu’il fait arrêter et disent avoir connu Yeshua l’intriguent. Si l’esprit résiste, qu’en sera-t-il du cœur ?
Le genre est incontestablement celui du péplum, tendance ultra-réaliste avec force gros plans. Les mouches volent au-dessus des charniers, la sueur et la crasse sont partout, Clavius commente la longueur des clous de la croix et décrit le processus de mort lente… L’intrigue, elle, est quasiment policière. Et le résultat ? Hélas affligeant. Traiter de la résurrection du Christ à travers les yeux d’un non-croyant n’était pas une mauvaise idée, mais sa mise en pratique, dans ce film, est presque une injure à son sujet. En quoi un tel film permet-il de nourrir ou d’interroger la foi des spectateurs ?
Le ton est donné dès le générique, avec un titre inscrit en lettres de pierres sur fond de lumière. La musique – à suspense – est insupportable. La première scène – une sanglante bataille entre juifs et Romains – rassurera les amateurs de sensations fortes… Les dialogues sont, au choix, indigents ou boursouflés (tout comme les cadavres que Clavius fait déterrer et que l’on aperçoit, heureusement, de manière furtive). On l’aura compris, cette adaptation américaine souffre d’un manque si cruel de subtilité qu’elle s’expose au grotesque et au « kitsch ». On en reste pantois et, pour tout dire, quelque peu irrité.

Arnaud Schwartz

source La Croix 04 mai 2016


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