Homélie du Père Pierre de Couessin

mardi 1er décembre 2015
par  Paroisses Erquy et Pléneuf
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(Nous avons entendu le parcours de François jusqu’à cette soirée à Erquy où il animait une préparation de baptêmes)

Très vite, il a choisi de lutter avec et contre sa maladie. Je me souviens d’une visite à Trestel où il était en rééducation, tout de suite, j’ai compris qu’il demeurait vivant, un vrai. Par exemple, cette décision d’apprendre à écrire de la main gauche.

Les missions précédentes l’avaient plongé dans la Pastorale du Monde rural.
Apostolat de l’écoute.
Apostolat de la réflexion et de la formation.
Apostolat des énormes mutations de l’époque.
Apostolat de la lucidité.
Apostolat du discernement.
Apostolat du terrain.

Dans notre assemblée, beaucoup ont vécu ces bouleversements et les ont portés dans la foi.

François a vécu dans le respect du laïcat. Tout n’a pas été facile, je pense à l’expérience du Vieux Bourg. Je ne peux m’étendre.
Cependant, je voudrais signaler les années à Erquy. L’été, il recevait des prêtes en vacances.
Vacances ?
Oui, la présence de deux théologiens devenus ses amis et qui mettaient la main à la pâte, faisait du presbytère une sorte d’Université d’été. On écoutait le monde, on en tirait des leçons pastorales, on anticipait les difficiles années de la fin du siècle. Non que le diocèse ait plongé dans la dépression mais au contraire, préparait judicieusement les réformes nécessaires.

Amis, je voudrais rejoindre en vérité chacun de vous.
Nous avons tous bénéficié de la présence du prêtre François. Et c’est pourquoi nous sommes, là, nombreux. Mais nous sommes là aussi parce que la mort d’un compagnon de vie évoque notre propre mort. Cela nous met en proximité de Jésus, l’Homme-Dieu, mis à mort, ressuscité et ressuscitant.

Quand je mourrai, disait un prêtre, je veux qu’on sache que je ne suis pas mort. Ce que je n’aurai pas su faire de mon vivant, je parviendrai enfin à la réaliser. Faites-moi la promesse, je vous prie, dans cette amitié que nous avons partagée, soyez des hommes et des femmes de Paix et de Joie.

La veille de sa mort, François a demandé à me contacter. Téléphone. Quelqu’un approchait le combiné de ses lèvres. Vous qui étiez là, à son chevet, rappelez-vous. François faisait un grand effort pour s’exprimer. Personnellement, je n’ai rien compris sauf, à plusieurs reprises « Dieu est amour. Dieu est amour  ». La communication achevée, longtemps, longtemps, j’ai pensé au dialogue de Jésus et de Pierre après sa trahison. «  Pierre, m’aimes-tu ? » Trois fois. Réponse : « Oui, tu sais que je t’aime  ». Et c’était vrai qu’il l’aimait.

Amour – Amour – Dieu est amour.

Alors nous pouvons déchiffrer ce que Pierre a gardé dans son cœur. Oui, je sais que tu sais que je t’aime. Que ce soit notre adhésion personnelle en ce temps de recueillement


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