Mobilisation civile contre le « crime climatique » - 2/3

Un heureux programme d’humanisation !
mercredi 9 septembre 2015
par  Jean Besnier
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Plusieurs mobilisations de la société civile entendent peser sur les prochains travaux de de la 21e Conférence des Nations unies sur les changements climatiques (COP21), qui s’ouvrira le 30 novembre prochain, au Bourget, près de Paris. 
Les cent premiers signataires d’un appel mondial « pour en finir avec les crimes climatiques » et du livre Crime climatique Stop ! comptent de nombreuses personnalités internationales.
La Croix du 4 septembre publie trois auteurs et nous avons trouvé intéressant de vous faire partager leur contribution.

Un heureux programme d’humanisation !

Depuis le temps qu’on leur dit que le « ciel nous tombe sur la tête », les chrétiens auraient pu se préoccuper des équilibres écologiques !
Des pionniers, « pères » de l’Église, saints et saints, courants œcuméniques insistant sur les liens entre paix, justice et sauvegarde de la Création, le patriarche orthodoxe Bartholomeos Ier et quelques militants et associations écologistes eurent beau affirmer que la «  Création est une symphonie de l’Esprit Saint » , il faut le reconnaître, l’engagement chrétien dans ce domaine n’a rien de remarquable.

Aujourd’hui, l’encyclique Laudato si’ représente un puissant appel, un texte fondateur pour tous les bâtisseurs du XXIe siècle.
Encore un programme pour activistes chrétiens ?
Hé bien non ! C’est un chant d’émerveillement, de louange et de reconnaissance devant la beauté du vivant. Que les chrétiens s’arrêtent pour chanter leur émerveillement.
Le pape François vient réveiller les hommes et femmes de bonne volonté en les invitant à ne pas pratiquer « une écologie superficielle qui consolide un certain assoupissement et une joyeuse irresponsabilité ».

Attentif aux cris des plus pauvres, il revient au cœur de l’Évangile. Il inscrit l’ « écologie intégrale  » dans la pensée sociale de l’Église, au même titre que la dignité, la liberté de conscience, la destination universelle des biens, la solidarité…

L’écologie intégrale englobe les équilibres écologiques, la justice sociale et la responsabilité spirituelle.
En bon pédagogue, le pape, après avoir souligné le caractère urgent et global de la menace, propose diverses réactions. Il invite à un changement des comportements dominés par l’individualisme et le consumérisme.
L’éducation peut susciter des«  petites actions quotidiennes » qu’il ne faut pas négliger. Il faut aussi aller plus en profondeur et lutter contre l’oubli du bien commun, délaissé au profit du « drame de l’immédiateté politique ». Affronter le « paradigme technocratique » dont la dictature nous fait perdre le sens du beau, du gratuit et du relationnel.

Le pape dénonce les causes identifiables de ce mal, contredisant ceux qui prétendent que «  les problèmes de la faim et de la misère dans le monde auront une solution grâce à la croissance du marché ». Le lien est fait entre les dérapages du marché libéral économique et les menaces qui pèsent sur l’environnement.
François appelle à des transformations sociales dans les systèmes qui dominent le monde.
Les partenaires du Sud qu’accompagne CCFD-Terre Solidaire soulignent l’urgence de ces changements, sans lesquels ils ne peuvent espérer l’amélioration de leur sort et celui de l’environnement.

Le pape se garde bien de proposer des solutions techniques précises.
Pourtant une partie des chrétiens rechignera : encore un pape qui «  fait de la politique  » ! 
Or François inscrit ses propos au cœur du mystère d’amour de la Création.
C’est bien l’annonce de la Bonne Nouvelle de Jésus Christ qui est en jeu.
La communauté chrétienne est invitée à décrypter le message de confiance que Dieu propose depuis les origines : « Tout l’univers matériel est un langage de l’amour de Dieu, de sa tendresse démesurée envers nous. »

Cette invitation à sauvegarder la maison commune résonne des appels les plus pressants de Dieu pour que l’homme se mette au travail.
Comment ? Vivre son Alliance en nouant des partenariats sur la planète, honorer le prix qu’Il accorde à chacun en luttant pour la dignité, incarner le souci du Seigneur pour les plus menacés en transformant les mécanismes sociopolitiques pour réduire les inégalités, reconnaître l’infinie patience de Dieu envers les humains en nourrissant l’espérance.
« Que nos luttes et notre préoccupation pour cette planète ne nous enlèvent pas la joie de l’espérance. » 

Oui, les chrétiens ont du travail devant eux !


Guy Aurenche, président du CCFD-Terre solidaire

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