Historique des églises d’Erquy

mardi 19 mai 2015
par  Paroisses Erquy et Pléneuf
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Historique des églises d’Erquy

Il est fait mention d’Erquy comme paroisse dès 1167.

Le premier lieu de culte se trouvait sans doute sur le coteau de Turquais, à l’emplacement de la chapelle Notre-Dame (la chapelle des Marins) qui domine le bourg.

Selon une légende, la première église aurait été construite au-dessus d’un dolmen, avec des matériaux provenant de ruines gallo-romaines. Plusieurs fois, mais toujours en vain, on a recherché une pierre sculptée, représentant Romulus et Remus, qui aurait été intégrée dans les murs de l’église.

L’église actuelle fut édifiée au bas du coteau, et le bourg s’est développé tout autour. Elle était entièrement romane.
La nef était éclairée en haut par des fenêtrons aux larges embrasures.
Les bas-côtés surbaissés étaient prolongés à l’est par de petites chapelles en forme d’absidioles dont l’arc d’ouverture est aujourd’hui masqué par les retables.
Un arc diaphragme en plein cintre sépare la nef du chœur.
Le chœur roman fut rebâti au XVe par les seigneurs de Bien-Assis.
Selon une enquête de 1434, le pignon est et la fenêtre gothique furent édifiés vers 1414 sur ordre de Geffroy du Quelenec.

L’édifice actuel est le résultat de plusieurs transformations.
L’aménagement du bas-côté nord est de 1787 ; sa voûte est renforcée par des arcs doubleaux et il s’appuie sur des contreforts extérieurs. Il s’ouvre par un portail dominé par un fronton et une petite fenêtre, réemploi d’une ouverture en plein cintre du XlIème, Le bas-côté sud, reconstruit d’abord en 1625, fut transformé à nouveau en 1828.
De ce côté, il y avait un « chapitrel », restauré en 1636, il fut supprimé par la suite.

Appuyé au mur sud, un ossuaire fut démoli en 1624, pour être reconstruit du côté nord en 1648 ; il a sans doute disparu avec le transfert du cimetière.
Les arcades en plein cintre du côté nord sont du Xllème ; celles du côté sud ont été en partie remontées au XVe en arcs brisés sur des piles plus larges.
L’église n’avait pas de campanile comme ses voisines de Plurien et Saint-Alban, mais une « sonnerie », tour basse flanquant le pignon ouest. Ce pignon, en très mauvais état, fut abattu avec la tour en 1841.

Entre 1845 et 1847, le maître-maçon J.F. Vautier prolongea la nef et construisit le pignon et les tours, d’après les plans établis par Jh Le Chatelier.
La sacristie a été construite en 1818.

Jusqu’en 1760, les paroissiens les plus aisés avaient leur tombe dans le sol même de l’église.
A partir de cette date le cimetière voisin fut agrandi sur l’emplacement de la place du Centre qui portait depuis toujours le nom de « La Motte ».

L’église saints Pierre et Paul a été profondément restaurée par la commune et la paroisse en 1984, sous la direction de M. Arnaud de Saint-Jouan, Architecte en Chef des Monuments Historiques.
Des éléments de la charpente à chevrons-portant-fermes ont été remplacés ou consolidés, les sablières moulurées ont été débarrassées de leurs plâtras (celles du chœur portent encore un décor géométrique aux tons pastel) de même que les entraits qui ont retrouvé leur légèreté.
Les voûtes de la nef et du chœur ont été lambrissées en châtaignier.
Le nouvel enduit à la chaux grasse a remis en valeur toutes les parties romanes de l’édifice (voir le plan ci-contre) et les différents matériaux de construction : les murs et les cintres romans sont en grès gris de réemploi, le pignon ouest, les tours et la flèche sont en grès rose d’Erquy et en granit gris ; pour les arcs brisés du bas-côté sud, on a utilisé le « renard », le poudingue du cap d’Erquy, dont on retrouve des gros blocs dans le mur nord. En 2001 toute la toiture a été refaite : bien des pièces de bois ont été remplacées ainsi que toutes les ardoises.

Les derniers travaux ont supprimé une avancée récente de la tribune qui coupait la perspective de la nef ; un éclairage derrière des vitraux a remis en valeur les fenêtres romanes qui avaient été murées lors des dernières transformations des bas-côtés, le chœur a été dégagé par la restauration des stalles et la remise en place du grand autel à double galbe ; une chapelle baptismale a été aménagée en disposant sur un dallage une cuve de granit longtemps oubliée sous le beffroi.

En 1838, en présence de P. Mérimée, l’église d’Erquy fut proposée et inscrite sur la première liste des Monuments Historiques. Erreur de transcription ou préférence donnée à un autre monument, on ne trouve plus mention du classement dans les documents postérieurs.

Plan de l’église en 1789.

À noter le pointillé marquant l’emplacement actuel du pignon ouest, suite aux constructions de 1841 à 1847 et l’emplacement de la sacristie qui incita, en 1818, le recteur Pasturel à aider la reconstruction de la sacristie actuelle.
Église primitive

L’église primitive était couverte de chaumes ou de roseaux aux bas côtés arrivant au-dessous des fenestrons que l’on voit maintenant de l’intérieur.
croquis et plan sont tirés de “Histoire d’Erquy” tome 1 de Jean-Pierre Le Gal La Salle

Le mobilier

A côté du porche nord, un bénitier du XII°, cuve de sacrifices païens dit une légende, plutôt une ancienne cuve baptismale portée par quatre personnages, malheureusement mutilés ; les bords ont été usés par les faux, que les paysans venaient y affûter, après les avoir trempées dans l’eau bénite, pour obtenir des moissons abondantes.
voir Bénitier à cariatides

Un jubé séparait la nef du chœur au niveau de l’arc diaphragme. Transporté au fond de l’église en 1676 pour servir de tribune, il a aujourd’hui complètement disparu.

Plusieurs statues récentes sont sans intérêt sur le plan artistique.

En revanche, l’église possède un beau Christ en bois, dit de « l’école de Plurien », fixé sur le mur nord de la nef, et des statues polychromes du début du XVIII° : dans le retable central, les apôtres Pierre et Paul, saint Sébastien et un évêque ; au dessus de la cuve baptismale, saint Jean-Baptiste montrant l’Agneau de Dieu.

Côté sud, saint Guillaume Pinchon, originaire de la paroisse voisine, Saint-Alban, et devenu évêque de Saint-Brieuc. La chaire, autrefois fixée à un pilier nord, a été déplacée ; la partie principale avec les panneaux représentant les évangélistes, a été disposée auprès du chœur ; d’autres éléments ont été intégrés dans le soubassement du retable nord pour remplacer l’autel. Cette chaire avait été sculptée en 1830, par Loyer, d’Etables. Les stalles sont de la même époque. Une statuette, à droite du portail nord, inspirée d’une représentation de la Trinité dans des chapelles bretonnes, a été réalisée dans les années 1970, par un artiste local, Jean Barbé (1893 – 1976) ; de même, le médaillon de l’Annonciation, sur le soubassement de l’autel du Rosaire.

Le retable central, remplaçant un plus ancien, est l’œuvre d’Yves Navucet, « scieur de grand-bois et maître-menuisier » à Saint-Alban. Celui de Saint-Mathurin est de la fin du XVIlème ; il fut réalisé à la demande des Visdelou, seigneurs de Bien-Assis, à l’emplacement de leur chapelle ; les armes des Visdelou sont peintes sur le fronton du retable.

En 1729, une balustrade est mise en place pour séparer les trois autels de la nef. Jusqu’en 1760, le chœur et le haut de la nef étaient encombrés par les pierres tombales et les bancs des familles nobles du pays, alors que le reste de l’église ne comportait aucun mobilier.

En 1984 et 1985, les retables des bas-côtés ont été restaurés par Jean Poilpré et Joël Huteau. Sous la peinture brune et les vernis, on a retrouvé et rétabli les faux marbres de différentes teintes, la décoration en rinceaux et les ors. Au retable nord, sous une toile de 1850, on a découvert une peinture sur bois de 1728 signée Lemoyne ; elle représente le grand miracle de saint Mathurin : la guérison par exorcisme de la fille de l’empereur Maxime. Au retable central, l’Assomption de la Vierge est signée Guernion. Le tableau du retable sud a été peint par Hoffmann en 1861 ; il représente la remise du Rosaire à saint Dominique : aux pieds du saint, le chien porteur d’un flambeau dont avait rêvé la mère de Dominique alors qu’elle attendait son enfant, annonce de ce que serait la mission de son fils, porteur de la Bonne Nouvelle à travers le monde. Ces deux tableaux ont été restaurés par Mme Kesteven en 1983 et 1984.

En 2010-2011 le plancher du chœur est allongé vers la nef tandis qu’un nouvel autel de célébration, béni par Mgr Moutel le 20.11.2011, est mis en place. L’ambon reçoit une nouvelle peinture.

Les Chapelles d’Erquy

Les trois chapelles isolées existant encore sur la paroisse ont été construites entre 1860 et 1885, sur l’emplacement d’édifices beaucoup plus anciens sur lesquels on n’a aucun document.

La chapelle Notre-Dame des Marins ou chapelle Notre-Dame-des Croix-Sept-Saints dominant le bourg, était sur l’itinéraire du Tro-Breiz, pèlerinage en l’honneur des saints de Bretagne, et lieu d’étape sur le chemin du Mont-Saint-Michel à Saint-Jacques-de-Compostelle.
En 1869, un reliquaire fut confié à la chapelle (Saints Brieuc, Efflam, Maudez, Yves, Guillaume, Briac et Tugdual). La chapelle est appelée le plus souvent « des Marins » : au temps de la grande pêche, les équipages venaient y faire leur pèlerinage avant de partir en campagne, le mur des « péris en mer » rappelle les noms des nombreux hommes du pays qui ont disparu dans les naufrages ou les accidents de pêche.
Voir Chapelle Notre-Dame des Marins - Erquy

Entre Erquy et Pléneuf, la chapelle Saint Pabu, dédiée à saint Tugdual. Dans le passé, la messe y était célébrée chaque dimanche pour les habitants du quartier.

La chapelle de Saint Pabu, bâtie en grès rose d’Erquy appareillé, se présente sous la forme d’un édifice rectangulaire à deux pignons aiguille. Le pignon Ouest, cantonné de contreforts, est surmonté d’un campanile en pierre de taille. Il s’ouvre sur la route par une porte en plein cintre surmonté d’un œil de bœuf. Le pignon Est surmonté d’une petite croix en granit gris provenant de l’ancienne chapelle, s’ouvre sur un arc diaphragme et une absidiole en cul-de-four dans laquelle on semble avoir ménagé une porte extérieure qui ne fut jamais ouverte.

Chaque côtale est renforcée de quatre contreforts amortis s’arrêtant au-dessous de la sablière de pierre. Ces contreforts marquent, à l’extérieur, trois travées éclairées par des ouvertures en plein cintre.

La côtale sud s’ouvre par une porte abritée sous un petit auvent. Une échelle de fer permettait jadis de gagner, à l’extérieur, la cloche du campanile.

Voir Chapelle Saint-Pabu - Erquy

Sur l’îlot de « La Roche au Nay » auprès du port des Hôpitaux : la chapelle Saint Michel
Endommagée par des tirs de la dernière guerre, elle a beaucoup souffert de l’inconscience générale à partir de 1948, date du dernier pardon. Depuis 2001, grâce à une initiative privée (association) la chapelle est entièrement restaurée.

Dans son « ERQUY son histoire, ses légendes, ses paysages » (imprimé en 1950) François Ruellan rapporte la légende suivante : «  Jadis l’îlot Saint-Michel tenait au littoral. Dans ce temps-là le diable voyageait sur terre et Saint Michel voulait l’en empêcher. Le diable résolut d’emporter le saint et, à la tête de tous ses démons, il se mit à sa poursuite.
L’archange se dirigea du côté de la mer et, arrivé au bout de la pointe qui forme aujourd’hui l’îlot, il regarda derrière et frappa le sol du pied. Au même instant s’ouvrit une tranchée où la mer entra. Le diable et les diablotins, trop engagés vers la pointe furent engloutis par les flots.

Depuis cette époque le diable ne vient plus sur la terre ; en souvenir de ce miracle on éleva, plus tard, une chapelle à Saint Michel, sur l’îlot. Quand elle fut bâtie, les rochers devinrent rouges, ainsi que la pointe qui est en face. »

Voir Chapelle Saint-Michel - Erquy

Des associations de sauvegarde existent pour ces trois chapelles.
Un dépliant est disponible pour chacune d’entre elles.

Documentation par MM. A. de Saint-Jouan,
J.P. Le Gal La Salle et M. Mesnard
Bénédiction des Terres Neuvas
La photo ci-dessous, prise dans l’église d’Erquy date de 1956 : c’est l’année d’arrivée de l’abbé Sort à Erquy.
La bénédiction des terre-neuvas interrompue depuis quelques temps a été reprise une unique et dernière fois, et dans l’église d’Erquy, alors qu’antérieurement elle se déroulait à la chapelle des marins.
De gauche à droite : Jean Baudet (qui présente les outils nécessaires au dépeçage de la morue pour la mise en salaison), Jacques Blin, Eugène Charlot (porteur du bateau) Victor Havy et Eugène Clément (qui présente sur un plateau une pelote de fil et des aiguilles).
À l’arrière : Roger Kéranterff (second porteur du bateau, bateau qui est actuellement dans la nef de la chapelle des marins) Guy Blin (derrière Victor Havy)
De trois quart arrière l’abbé Pierre Sort recteur d’Erquy d’août 1956 à 1974.
À cette époque les terre-neuvas ne partaient plus sur des voiliers pour 6 à 7 mois du printemps à l’automne, mais pour 3 mois sur des bateaux à moteur.

Extrait de « L’Église Saints Pierre et Paul d’Erquy », trente citations bibliques pour guider la visite, édité par la paroisse d’Erquy en 2005, ed revue et augmentée en 2014. (L’édition de 2005 est disponible dans l’église et en vente au Presbytère d’Erquy)


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