Chrétiens et écologie (2/6)

Le changement climatique est le signe d’un changement d’époque
mercredi 4 mars 2015
par  Jean Besnier
popularité : 16%

Le changement climatique est le signe d’un changement d’époque qui appelle des décisions rapides et courageuses soutenues par une conception du bien de toute l’humanité.

Les conférences de carême de « La Croix » (2/6)

Encyclique du pape François cet été, renégociation des objectifs du millénaire à l’automne, conférence sur le climat en décembre…
« La Croix » a décidé de faire de l’écologie le fil directeur de ses conférences de Carême..

Une situation d’urgence

La problématique écologique serait une question de nantis, entend-on parfois. Le souci pour l’environnement ne serait qu’un prétexte avancé par les pays riches pour freiner le développement des plus pauvres.
Cet argument, l’auteur de ces lignes l’a entendu à plusieurs reprises de la bouche d’étudiants en théologie venant du sud et invités à suivre un séminaire de recherche sur écologie et développement.

Mais c’est fermer les yeux sur une réalité dramatique : la problématique écologique se pose pour la majorité des humains d’abord dans le cadre du combat quotidien pour la survie, comme un problème de subsistance personnelle. La question de l’accès à l’eau potable – un milliard de personnes en sont privées dans le monde – ou encore l’avenir des terres basses menacées par la montée des mers en sont deux exemples parmi d’autres.

La crise écologique touche au premier chef les plus pauvres.
Ce sont souvent eux les premières victimes de la pollution et des dérèglements climatiques provoqués par l’industrialisation, les concentrations urbaines, la déforestation incontrôlée, les émissions de gaz à effet de serre, l’usage de certains types de désherbants, les déchets industriels…

Au vu de ses différents fléaux, « comment nier que l’humanité vit aujourd’hui une situation d’urgence écologique ? » , demandait le pape Jean Paul II en 2002, dans son message pour la XXIIIe Journée mondiale du tourisme.
Une urgence commandée non pas tant par la crainte d’une catastrophe plus ou moins imminente que par le constat de la précarité des conditions d’existence d’une partie non négligeable de la population mondiale : celle-ci subit les choix des nations les plus riches et des plus nantis au sein de chaque pays.
Ce qui bien sûr a aussi pour effet de compromettre le bien-être des générations futures.

En janvier dernier, le Conseil famille et société de la Conférence des évêques de France a redit la gravité et l’urgence de la situation alors que des négociations sur les moyens de lutter contre le réchauffement climatique sont en cours [1]. Ces discussions devraient s’achever lors de la conférence de Paris, prévue en décembre 2015, mais les obstacles sont nombreux, chaque pays étant tenté de défendre son intérêt propre, au détriment du bien commun mondial.
Pour le Conseil famille et société, « les risques de mort associés au réchauffement climatique » soulignent le tragique de la situation présente.
Mais il n’est pas trop tard, du moins si l’humanité, face à la crise, accepte de prendre ses responsabilités pour promouvoir un modèle de développement autre que celui que nous connaissons. Un modèle qui a certes permis d’améliorer les conditions de vie d’un grand nombre, mais à un prix élevé pour l’environnement et pour ceux dont l’avenir immédiat en dépend. « L’imaginaire de vie bonne de ce modèle de développement est fondé sur l’idée d’une production et d’une consommation en augmentation permanente (…). Serons-nous capables d’inventer une autre forme de développement et de dresser un autre imaginaire de la vie bonne ?  » , interroge le Conseil famille et société.

Face à l’urgence de la crise écologique, le défi peut être résumé en ces termes : 
« Faire entendre à nos contemporains une nouvelle promesse d’avenir  » et les inviter à faire advenir un « monde nouveau » qui est déjà en train de naître.
Ce qui se traduit ainsi en termes bibliques : entre la vie et la mort, choisis la vie.

Dominique Grenier

(à suivre)


PS :

Source : La croix, samedi 28 février 2015.


[1 « Changement climatique : un kairos planétaire », déclaration du Conseil famille et société de la Conférence des évêques de France sur le changement climatique, 15 janvier 2015.


Commentaires

Bouton Contact image J�sus