Noël à Greccio

jeudi 30 novembre 2017
par  Paroisses Erquy et Pléneuf
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Le franciscain, Eloi Leclerc, a imaginé dans le livre « Exil et tendresse » la célébration de Noël vécue par François d’Assise en 1223 dans l’ermitage de Greccio non loin d’Assise. Il propose l’homélie qu’aurait pu dire le povorello.

[…] Alors, François prit la parole : « Mes amis, avez-vous entendu ? s’écria-t-il, transporté d’enthousiasme : « Vous le reconnaîtrez à ce signe : c’est un enfant nouveau-né, couché dans une crèche ». Le Seigneur de la gloire, à ce signe : un tout petit, frêle et pitoyable comme tout nouveau-né, et couché sur la paille, comme le plus misérable, le plus pauvre, le plus obscur des enfants des hommes ! Voyez l’humilité de Dieu. Ô humble sublimité ! En cette nuit, le Dieu de majesté est devenu notre frère. Lui le plus grand s’est fait le plus petit, le dernier. Il s’est approché de nous sous le signe de la fragilité et de la tendresse.

« Cette fois, Dieu nous a révélé le fond de son être. En lui, il n’y a pas seulement la puissance, la souveraineté, la science et la majesté ; il y a aussi l’innocence, l’enfance et la tendresse infinies. Oui, mes amis, Dieu est enfance et tendresse. Et il l’est parce qu’il est père, infiniment père ».

« Les hommes ne savaient pas jusqu’à quel point Dieu est père. Ils ne pouvaient pas le savoir. Il fallait que Dieu leur montrât son Fils. Hélas ! Les hommes se sont empressés d’oublier. Les hommes au cœur dur n’ont que faire de l’humanité de Dieu. Elle leur est un reproche. Ils ne la comprennent pas. Ils ne la voient même pas. Ils s’imaginent toujours que la grandeur est dans la puissance et la domination. Pauvres hommes ! La vraie grandeur, la seule vraie grandeur, mes frères, est d’aimer vraiment et d’être comme le Père ».

« En ce monde, cette grandeur est menacée. Depuis que le Royaume de Dieu s’est présenté à nous sous les traits d’un petit enfant environné de faiblesse, il est toujours menacé, voué à la persécution et à la mort. Les valets d’Hérode s’agitent déjà dans la nuit de Noël. Le Royaume est menacé au dehors de nous et en nous, car toujours renaît en chacun de nous le vieux désir animal, la volonté de dominer et de dévorer, d’être le plus fort, le plus puissant ».

« Mais cessons de craindre. L’Ange du Seigneur nous le demande. Ce petit enfant est le Sauveur du monde. Sauvés ! Nous sommes sauvés, frères ! Plus jamais seuls, plus jamais abandonnés dans nos fautes, dans nos hontes et nos désespoirs. Plus rien ne peut nous séparer de la tendresse du Père ».

« Ah ! Certes, ce mystère nous le célébrons encore enveloppé de nuit et dans le rude hiver de la nature et des hommes. Il fait encore froid sur la terre. Mais cette nuit, cette longue nuit, nous le savons, c’est tout de même une nuit de Noël, une longue nativité qui se continue et à laquelle nous prenons part. C’est la nuit de la naissance de l’homme à la vie de Dieu. Et dans cette nuit, il y a de la lumière : celle, tout d’abord, de ce petit enfant qui nous est donné comme gage d’une tendresse infinie, sans reprise. Puis, chaque fois qu’un cœur d’homme se laisse pénétrer par cette tendresse, il y a un peu plus de lumière dans la nuit. Il y a toujours plus de lumière parce qu’alors le visage de l’Enfant apparaît davantage dans l’humanité, et que fleurit au cœur de l’homme le paradis de l’enfance ». […]

« Greccio où le serviteur de Dieu redevint enfant… », note la vieille chronique. En cette nuit sainte de Noël 1223, sur ce pauvre coin de terre, au milieu du silence de la grande nature enneigée, la Douce Pitié de Dieu s’était frayée à nouveau un chemin jusqu’aux cœurs des pauvres. Ceux-ci redécouvraient, bouleversés, l’humilité et la tendresse de Dieu. Cette crèche vivante n’était pas seulement à leurs yeux un fait charmant : jaillie du cœur d’un saint, dans un monde violent, elle représentait le retour à la source cachée de l’enfant et de la tendresse infinie ; elle était l’expression sensible, parlante, d’une approche de Dieu par les chemins de l’amour et de l’enfance retrouvée. […]

Extrait d’un ouvrage de Éloi LECLERC : « Exil et tendresse »

Saint-Urbain (Créac’h-Balbé)
Roubaix, 1961.

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