A Nantes, trois confessions pour une même fête pascale

vendredi 30 juin 2017
par  Jean Besnier
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Alors que cette année, les calendriers des chrétiens d’Orient et d’Occident coïncidaient, catholiques, protestants et orthodoxes se sont rassemblés dimanche à Nantes pour fêter Pâques ensemble.

« Nous sommes encore divisés, mais ce qui nous unit est beaucoup plus fort. » Ainsi commence le rassemblement entre catholiques, protestants et orthodoxes à l’issue de la messe de Pâques, devant l’église Saint-Georges, à Nantes. Suivent des chants, la lecture d’un texte sur la résurrection (Matthieu 28, 1-8) et un « Notre Père » partagé. L’assistance entonne ensuite une salutation de Pâques en plusieurs langues, avant de partager une immense brioche.

Alors que cette année, les calendriers des chrétiens d’Orient et d’Occident coïncident, le Père Antoine Gelineau, recteur de la paroisse orthodoxe de Nantes et d’Angers, apprécie de « se sentir solidaire pour célébrer la même fête, tout en respectant les traditions de chacun ». Caroline Schrumpf, pasteure de l’Église réformée de Nantes, confie sa joie « d’être ensemble, alors que Pâques représente le cœur de la foi pour nos trois confessions ». L’évêque de Nantes, Mgr Jean-Paul James, y voit l’occasion « d’exprimer un message partagé sur l’amour plus fort afin de retrouver l’espérance qui manque tellement à notre monde ».
Cette rencontre œcuménique prend tout son sens dans ce quartier situé à deux pas du stade de La Beaujoire. Il réunit en effet, à quelques mètres près, une église catholique, une orthodoxe et, depuis peu, un temple protestant évangélique. « Nous avons de très bonnes relations amicales, encouragées par cette proximité géographique », témoigne Bénédicte Robichon, chargée des relations extérieures à la paroisse orthodoxe de Nantes. Alors que les responsables des trois confessions s’étaient d’abord réunis pour des questions pratiques (notamment autour de leur parking commun), ils se voient désormais tous les trimestres pour évoquer la vie de leurs communautés et organiser des événements communs.

« Aujourd’hui plus qu’hier, alors que les chrétiens deviennent minoritaires, il est important de donner une image d’unité », lance le Père Gelineau. Vicaire général du diocèse de Nantes, le Père Benoît Bertrand en fait même « une question essentielle à la mission, car on ne peut pas aller à la pêche avec un filet percé ». Pour Caroline Schrumpf, « les signes et les gestes » du pape François à l’occasion des 500 ans de la Réforme « poussent à aller de l’avant dans l’œcuménisme ».

Pour autant, cette démarche ne va pas de soi. « Il faut y aller le cœur ouvert pour ne pas se laisser séparer par des barrières théologiques, souligne Jean Yapoudjian, pasteur et délégué départemental du Conseil national des églises évangéliques de France (Cnef). Mais si on tourne tous les yeux vers Jésus, c’est plus simple. » C’est en tout cas ce que vit Sophie, catholique et membre du Renouveau charismatique : « Beaucoup de protestants ou d’orthodoxes assistent à nos temps de louange. Dans ces moments-là, on arrive à une communauté d’esprit qui porte tellement qu’on ne voit plus nos divisions. » Même si, à ses yeux, des marges de progression demeurent. « Quand on manque de bénévoles pour l’aide aux démunis ou les visites en prison, mettre nos forces en commun serait bien utile. »

Florence Pagneux,
correspondante régionale le La Croix à Nantes

La Croix 18 avril 2017


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