Pourquoi Dieu, on ne le voit pas ?

vendredi 7 avril 2017
par  Jean Besnier
popularité : 14%

La question de Rémy, 5 ans. L’invisible échappe à nos sens et pourtant nous y accédons. Comment l’expliquer à un enfant ?

Il est compliqué de dire à un petit enfant que tout ce qui existe ne se voit pas, et qu’il y a bien des choses qui dépassent notre regard. Dans certaines cultures, le visible et l’invisible font bon ménage, comme en Afrique. Mais dans notre société occidentale, plutôt matérialiste, l’invisible inquiète et interroge. Pourtant l’homme lui-même n’est-il pas à la fois un être de chair et un être spirituel ? « Parler de l’invisible c’est reconnaître que l’homme est “un peu plus” que tout ce qui est mesurable, comptable ou encore observable », aime à dire le moine bénédictin Benoît Standaert.
C’est ce « un peu plus », que nous essayons de transmettre à nos enfants. Les spécialistes estiment que c’est vers 4 ans, que l’enfant commence à manipuler des concepts, mais son raisonnement s’appuie essentiellement sur son ressenti. Alors comment croire en un Dieu que l’on ne voit pas ? Avec cette question fondamentale, l’enfant s’engage dans une vraie quête spirituelle. Car, si l’invisible échappe à nos yeux, mystérieusement, nous y accédons par la foi. Les chrétiens le proclament dans le Credo en nommant Dieu « créateur du monde visible et invisible ». Ainsi, les deux mondes sont inséparables : le monde invisible est présent au sein du monde visible.

Dans un premier temps, on peut aider l’enfant à reconnaître la trace discrète de la présence de Dieu dans notre monde. Et les récits bibliques sont une aide précieuse. Plus que des belles histoires, ces récits nous permettent de « cerner » un peu ce Dieu invisible. Des grandes figures comme Moïse ou Élie révèlent ce qu’ils ont pu saisir de ce Dieu mystérieux, au travers de l’expérience du buisson-ardent ou de la légère brise. Ils nous permettent de capter par bribes, la lumière du ciel, la grandeur de ce Dieu envers qui ils font acte de foi.
Dieu est invisible parce qu’il est Autre, insaisissable, irreprésentable, inqualifiable pour notre esprit humain… « L’essentiel est invisible pour les yeux », dit le petit prince de Saint-Exupéry. Pour parler de l’invisible, les livres d’éveil religieux sont également de précieux atouts. Leurs images fortement symboliques sont autant de clés pour faire comprendre au tout-petit qu’il y a quelque chose qu’il ne voit pas avec ses yeux, mais auquel il peut croire. Par exemple, pour illustrer l’amour de Dieu, l’image d’un père qui câline son enfant lui évoquera la tendresse qu’il a pu ressentir dans les bras de celui-ci. Par le biais de l’émotion, l’enfant pénètre dans l’au-delà du visible. Il en est même un interlocuteur privilégié : « Ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout-petits » (Matthieu 11,25). Dieu se révèle d’abord à ceux qui ont un cœur d’enfant.


Évelyne Montigny

La Croix 25 février 2017

dans la Bible
Sur la route d’Emmaüs (d’après Luc 24, 13-35)

Le soir même, deux disciples marchent vers la ville d’Emmaüs. Voilà que Jésus marche avec eux, mais ils ne le reconnaissent pas. Jésus leur demande :
 « De quoi parlez-vous ? »  
Les hommes répondent : « Tu n’es pas au courant ? Jésus de Nazareth a été tué… C’était notre ami. Il était au tombeau et maintenant, certains disent qu’ils ont vu Jésus vivant ! »
« Comme votre cœur est lent à croire ! », dit Jésus, sans leur révéler qui il est. Et il leur rappelle ce que disait la Bible : un jour, un sauveur viendra et il devra d’abord mourir pour revivre ensuite.
Arrivés au village, les deux hommes proposent à Jésus de rester. Au cours du repas, Jésus prend le pain et le bénit. Il le partage et le leur donne. À ce geste, ils le reconnaissent. Alors leurs yeux s’ouvrirent, mais il devint invisible. Cependant leur cœur était tout brûlant. Ils repartirent vers Jérusalem et dirent à leurs amis qu’ils avaient vu Jésus vivant ! Le visible et l’invisible sont liés. Jésus marche avec ses disciples, et même devenu invisible, à leurs yeux il demeure avec eux. Parfois nous pensons être en proie à la plus grande solitude, mais le Christ marche avec nous. Il ne nous laisse jamais seuls.

Pour aller plus loin
À partir de 2 ans. Pour te parler de Dieu, je te dirais…
De Marie-Agnès Gaudrat,
illustré par Ulises Wensell.
Bayard Jeunesse,
9 €.
À partir de 8 ans. Au matin du troisième jour.
BD August et Romulus.
Scénario de Laurent Bidot.
Dessins et couleurs d’Étienne Jung.
Mame,
13,90€.
Les Plus Beaux Récits de la Bible.
Texte de Kathleen Bostrom,
traduit par Samir Senoussi et illustré par Dinara Mirtalipova.
Bayard Jeunesse, 19,50€.
Évelyne Montigny

La Croix 25 février 2017


Commentaires

Bouton Contact image J�sus

Agenda

<<

2017

 

<<

Octobre

 

Aujourd’hui

LuMaMeJeVeSaDi
2526272829301
2345678
9101112131415
16171819202122
23242526272829
303112345