La conversion, un retournement radical

vendredi 17 mars 2017
par  Paroisses Erquy et Pléneuf
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Quand on prend des cours de ski, l’une des premières choses qu’on apprend, c’est à faire une conversion, c’est-à-dire à se retourner pour s’orienter dans une autre direction ; et ce n’est pas si simple quand on a les pieds entravés dans ces longues lames encombrantes. Une conversion est donc un retournement radical à 180 degrés.

 De quoi parle-t-on ?

Dans la vie, se convertir, c’est changer ses raisons de vivre pour s’orienter vers un autre but que celui qu’on poursuivait jusque là. Et ce retournement entraîne bien des remises en cause, parfois difficiles.
On parle aussi de conversion, à propos des monnaies qu’il faut changer quand on part pour un pays qui ne reconnaît pas nos euros ; et il y a parfois des surprises selon les taux en cours. Une conversion est donc aussi un changement de valeurs.
Dans la vie, se convertir, c’est évaluer autrement ce que l’on est, ce que l’on a, ce que l’on fait, parce que l’on a changé de référence ; et c’est parfois onéreux pour soi et pour les proches.

De nos jours, on parle encore de conversion ou de reconversion professionnelle quand, à la suite d’un accident ou d’un licenciement, il devient nécessaire de se former à un autre métier ; et cela exige de la volonté, de la ténacité et du temps.

Une conversion est donc encore un apprentissage à une nouvelle forme d’activité.
Dans la vie, se convertir, c’est s’initier, s’entraîner, s’exercer à une nouvelle manière de vivre qui est celle de la communauté dans laquelle on entre ; et cela ne s’improvise pas : il faut accepter d’écouter, d’observer, d’apprendre.

Mais, dans tout cela, le plus important, c’est ce qui provoque le désir de se convertir : pourquoi vouloir changer d’orientation, de valeurs, d’activité ?
À la base, il y a toujours une certaine insatisfaction de la vie qu’on mène. Ce n’est pas nécessairement dramatique, car, quand on est raisonnable, on ne demande pas l’impossible : à quoi bon rêver ? Il vaut mieux tirer le meilleur parti de ce qui est à notre portée. Moyennant un peu de chance et quelques conseils de sagesse, on arrive à s’accommoder de la vie telle qu’elle est…
Mais il peut y avoir le choc d’un événement ou d’une rencontre, qui remet tout en cause. Une prise de conscience soudaine ou progressive de la fragilité des bases sur lesquelles on construit sa vie. Cela ne suffit pas : on peut aussi bien sombrer dans la déprime et le désespoir… Il faut aussi qu’en même temps, s’ouvre une autre perspective, positive celle-là, qui fait entrevoir une autre possibilité de voir les choses, les gens et d’envisager l’avenir…

C’est cela la conversion. Et pour nous, chrétiens, la rencontre qui bouleverse tout, c’est le Christ ! Jésus de Nazareth, le Crucifié Ressuscité ! Sa parole (l’Évangile), sa vie, sa mort et sa Résurrection viennent éclairer d’une manière toute nouvelle le sens de la vie. La rencontre peut être brutale, comme pour Paul de Tarse. Elle peut aussi, et le plus souvent, être progressive, à la faveur de lectures, de témoignages, de fréquentation de personnes ou de groupes. De toute façon, la conversion se situe toujours à la jonction d’un désir et d’une proposition.
Alors peut s’engager la découverte et l’expérimentation, avec d’autres chrétiens, de la vie selon l’Évangile : le but, les valeurs, les comportements…

 Qu’est-ce qu’un converti ?

Le mot peut avoir plusieurs sens. Quand on dit de quelqu’un qu’il s’est converti, on comprend habituellement qu’il a changé de religion ou bien qu’il a adhéré à une religion, alors qu’il était resté jusque-là en dehors de toute croyance.
Mais quand on dit « c’est un converti ! », on laisse souvent entendre que sa foi nouvelle a quelque chose d’un peu exalté et excessif.
Évidemment, tout est nouveau pour lui, alors que l’enthousiasme des fidèles habitués peut apparaître quelque peu usé et terne. Ces jugements sont superficiels ; mais il est vrai que la foi éblouie du nouveau converti aura besoin d’être approfondie et d’endurer l’épreuve de la durée. Elle a aussi une dimension affective qui peut la rendre fragile, à la façon d’un amour passionné qui ne s’est pas encore mesuré à la monotonie des jours.

  Faut-il parler de conversions permanentes pour les chrétiens ?

Bien sûr, comme on parle de formation permanente. On n’est jamais « au top », ni de la connaissance, ni de la mise en œuvre. Il s’agit toujours de s’approcher du cœur de notre foi, par delà les habitudes, les pratiques, les rites, qui n’en sont que l’écorce. Il s’agit d’approfondir notre relation au Christ qui nous conduit au Père. Il s’agit de se laisser conduire par son Esprit dans nos relations avec nos frères. Alors que nous sommes d’instinct centrés sur nous-mêmes, il s’agit de se retourner vers l’Autre et les autres. Il suffit d’être lucide pour mesurer le chemin à parcourir.

C’est une conversion qui n’a jamais de fin et qui nous occupera d’ailleurs toute l’éternité.

Abbé Maurice Sauvé,

Église en Côtes d’Armor 2011


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