La marche à l’étoile

Fête de l’Épiphanie
mercredi 8 février 2017
par  Jean Besnier
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Le monde autour de nous est rempli de signes, de signes objectifs comme les chiffres, le taux de chômage, les indices de la Bourse, les événements mondiaux… Les analystes en ce début d’année tentent de leur donner du sens et d’en tirer quelques grandes lignes pour l’avenir. Il y a des signes plus subjectifs : le sourire de ma voisine, l’air préoccupé de mes amis, la fatigue de mon collègue de travail, la présence d’un SDF devant la boulangerie, un besoin de prier et de lire la Bible qui m’habite… J’essaie de les interpréter et d’agir en conséquence. Sans cesse nous pouvons distinguer des signes : à certains, nous prêtons parfois peu d’attention tandis que d’autres nous invitent à réagir.
Le texte de l’évangile de Matthieu de l’Adoration des Mages nous interroge sur notre rapport aux signes. Les mages sont partis d’Orient parce qu’ils ont vu une étoile qui leur annonce la naissance d’un roi. L’étoile ? On pourrait repousser immédiatement la question puisque la Bible met en garde contre toute forme de divination. Cependant, ce sont bien ces mages venus d’Orient, à la fois astrologues et astronomes, que l’Évangile de Matthieu convie auprès de Jésus nouveau-né.

 L'étoile mais aussi la Parole

Les Mages avançant la tête levée en suivant l’étoile tel un GPS de l’Antiquité, peut-être avons-nous cette image d’enfance en tête en écho à ce verset ?
« Et voici, l’étoile qu’ils avaient vue en Orient marchait devant eux jusqu’à ce qu’étant arrivée au-­dessus du lieu où se trouvait le petit enfant, elle s’arrêtât. » (Mt 2, 9)
Pourtant, si l’on examine de plus près le texte de l’Évangile, ce n’est pas si simple, car si l’étoile conduit bien les Mages jusqu’à Jérusalem, ils doivent s’y arrêter pour interroger les sages de la cour pour savoir comment continuer. L’étoile, découverte en Orient, semble avoir disparu du ciel de Jérusalem, mais elle est à nouveau visible après que les sages ont trouvé une vieille prophétie de l’Ancien Testament qui annonce qu’à Bethléem naîtra un roi. Ainsi si l’étoile dessine dans le ciel de la vie des Mages une trajectoire, c’est une trajectoire entrecoupée car pour avancer il faut poser des questions, partir à la rencontre des hommes de Jérusalem et finalement se laisser guider par un songe. Les étoiles et autres signes ne dessinent dans le ciel de notre vie que des lignes discontinues et partielles. La Parole est nécessaire pour avancer.

 L'étoile mais il faut se lever pour aller adorer l'enfant

L’étoile fait signe aux personnes averties que sont les savants d’Orient passant leur temps à scruter le ciel. Ils y ont vu l’annonce de la naissance d’un roi. Peut-être d’autres parmi ces peuples de l’Antiquité habitués à lire dans le ciel leur chemin ont-ils vu cette comète mais quelques Mages seulement se sont mis en route. Pourquoi se déplacer ? Un roi de plus dans notre monde ? Les Mages de l’Évangile se sont mis en route, ils ont souhaité apporter leurs hommages à ce nouveau roi, aller voir par eux-mêmes, donner du temps d’eux-mêmes et de leurs richesses. Les signes sont ici remis à leurs places : l’étoile s’arrête devant la porte de la maison, le texte prophétique ne sort pas de Jérusalem, le songe ne dépasse pas le stade du conseil. Mais il reste à se décider à se lever pour aller auprès de l’enfant, faire confiance au vieux texte exhumé et écouter le songe qui est venu pendant la nuit. Le voyage des Mages n’était pas inscrit dans la trajectoire d’une étoile. Il leur appartenait ; il était à construire. Notre histoire n’est pas inscrite dans les étoiles, elle nous appartient, elle est à construire.

Si nous pouvons avoir confiance dans les choses à venir, ce n’est pas parce qu’elles nous seraient prédites, mais parce qu’une autre étoile s’est levée sur le monde, l’étoile qu’est Jésus-Christ. Il nous reste à nous lever pour aller à la recherche de ces textes anciens qui font vivre de l’amour de Dieu et nous interrogent sans cesse sur les décisions que nous prenons dans notre vie.

Mt 2, 1-12 Épiphanie du Seigneur

Odile Roman-Lombard,
pasteure de l’Église protestante unie de France à Fontainebleau

La Croix janvier 2017


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