Qui a inventé les religions ?

La question posée par Gaël (8 ans).
mercredi 8 février 2017
par  Jean Besnier
popularité : 22%

Il est plus important d’apprendre à l’enfant à s’interroger, que de lui transmettre telle ou telle réponse.

Que ce soit dans la cour de récréation ou au journal télévisé, Gaël constate combien les religions peuvent être source de divisions. Alors il s’interroge : qui a inventé les religions ?

À vrai dire, on ne sait pas qui a inventé les religions. Ce que l’on sait, ou que l’on devine c’est que, depuis que l’homme est homme, il s’interroge sur sa condition d’homme, il se pose les questions que se posent les enfants : « D’où je viens ? Qu’est-ce qu’il y a après la mort ? Pourquoi souffrons-nous ? »

C’est le désir de donner un sens à l’existence qui a fait naître les religions. Et, tout comme on observe chez un enfant qui grandit une évolution dans sa manière d’accueillir ce qui le dépasse, on constate dans l’humanité une évolution dans sa manière d’aborder les mystères.
Nos ancêtres ont commencé, il y a 9 000 ans environ, par donner une sépulture à leurs morts : ce que ne font pas les animaux. Puis, ils ont cherché à se relier à leurs morts, et donc à un au-delà de la mort. Ils sont ensuite passés aux liturgies, entrant dans l’espace du sacré, c’est-à-dire communiquant avec des forces qui les dépassaient et qui définissaient l’ordre de l’univers. Cela ne s’est pas fait en un jour, ni de la même façon selon les cultures.

Un seuil a été franchi avec la révélation d’un seul Dieu, et l’annonce que c’est lui qui a appelé à la vie et aimé l’être humain. Alors la religion est devenue communication avec l’Ultime, et appel à prendre en charge le monde pour le rendre meilleur.
D’autres religions ont posé la question du divin de manière radicalement différente : celui-ci s’est présenté non pas comme un dieu « personne », mais comme la présence diffuse dans l’univers de quelque chose qui nous dépasse, et qui n’intervient pas sur la vie des hommes. Il s’agit pour ces religions d’emprunter un chemin pour atteindre un état qui permet de moins souffrir et d’être meilleur avec les autres.

Quand les sciences sont apparues, elles ont fait reculer les frontières des connaissances, laissant penser que les énigmes non encore résolues le seraient à plus ou moins long terme.
Aujourd’hui nous savons que ces sciences n’apportent pas de réponses indiscutables à toutes les questions. Nous savons aussi que science et religion constituent deux grandes ouvertures sur les mystères qui nous entourent.
Les enfants ont tendance à penser que la foi, c’est oui ou c’est non : ou l’on croit, ou l’on ne croit pas ! Quand on leur laisse penser cela, on repousse la vraie question sur le sens de l’existence. Nous ne savons pas tout de notre condition, mais nous cherchons à la comprendre.
Avec les enfants, le plus important est peut-être moins de transmettre telle ou telle réponse, que de ne pas rester « collé » aux réalités matérielles. De leur dire nos convictions, mais aussi de les initier à chercher quelle est cette part d’inconnu qui est en nous et autour de nous, de s’interroger avec eux sur ce qui nous meut d’une autre manière que les animaux. Et de garder à l’esprit que seule cette réflexion nous permet de déterminer les options fondamentales de notre vie.

La rédaction de Pomme d’Api Soleil

La Croix 07 janvier 2017


Dans la Bible

Abraham, père des croyants (d’après Genèse 12-18)
Il y a quatre mille ans, en Mésopotamie, vivait Abram, un riche nomade, éleveur de bétail. Descendant de Sem, un fils de Noé, il fut l’un des premiers à faire confiance à Dieu en toutes circonstances. C’est pourquoi on le considère comme le père de tous les croyants. Alors que sa famille adorait encore les astres comme la lune, Abram écouta Yahvé, ce Dieu invisible, qui lui demandait de quitter son pays. Abram a foi en ce Dieu, unique et vivant, qui lui parle. Après une longue marche, il arrive au pays de Canaan, la terre promise. Bien que lui et sa femme Saraï soient très âgés, Yahvé lui promet une descendance aussi nombreuse que les étoiles du ciel. Dès lors, Abram reçut le nom d’Abraham, qui signifie « père d’une multitude ». Pour les juifs, les chrétiens et les musulmans, Dieu est unique mais quand ils parlent de Dieu, ils ne sont souvent pas d’accord. Il n’y a qu’un seul Dieu mais on peut le comprendre et le définir de façons différentes… Ces différences expliquent qu’il y ait plusieurs religions.

Pour en savoir plus
Jusqu’à 5 ans :
Abraham et l’appel de Dieu,
de Marijke Ten Cate
Bibli’O,
8,60 €.
La Bible pour les tout-petits
de Marie-Hélène Delval,
illustré par Götting
Bayard Jeunesse,
14,90 €.
La rédaction de Pomme d’Api Soleil

La Croix 07 janvier 2017


Commentaires

Bouton Contact image J�sus