Noël - « Cet enfant est le Fils de Dieu »

lundi 12 décembre 2016
par  Paroisses Erquy et Pléneuf
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À Noël, nous ne fêtons pas l’anniversaire de n’importe quel grand homme, comme il en existe beaucoup, nous ne fêtons pas non plus simplement le mystère de l’enfance …

« Cet enfant est le Fils de Dieu » dit un de nos beaux vieux chants de Noël. Voici qu’une chose immense, inimaginable et pourtant toujours attendue, voire nécessaire, s’est produite.
Dieu est venu parmi nous. Il s’est si indissolublement uni à l’Homme que cet Homme est vraiment Dieu issu de Dieu, Lumière née de la lumière et demeure vrai Homme. Le sens éternel du monde est venu à nous de manière tellement réelle que l’on peut le toucher, le regarder (cf 1 Jn.1, 1).
Car ce que Jean nomme « le Verbe » signifie également « le sens » en grec. Nous pourrions parfaitement traduire par : « Le sens s’est fait chair »…

À beaucoup d’êtres humains, à chacun de nous, cela parait trop beau pour être vrai. Et voici qu’on nous dit : oui, il y a un sens ; et ce sens n’est pas la révolte impuissante contre le non-sens. Le sens a un pouvoir. Il est Dieu. Et Dieu est bon. Dieu n’est pas un Être supérieur quelconque et lointain qu’on ne peut jamais approcher. Il est tout proche, Il nous entend, et nous pouvons toujours Le rejoindre. Il a du temps à me consacrer, tellement de temps qu’il s’est couché dans une crèche et demeure éternellement Homme parmi nous.

Nous ne cessons de nous poser la question : est-ce possible ? Cela sied-il vraiment à Dieu d’être un enfant ? Nous ne voulons pas croire que la vérité soit belle… car d’après notre expérience, la vérité s’avère la plupart du temps féroce et sale…
« Les siens ne l’ont pas accueilli » (Jn 1, 11).

Pour finir, nous préférons notre désespoir plein de dédain, à la bonté de Dieu qui voudrait toucher notre cœur depuis Bethléem : nous sommes trop fiers pour nous laisser sauver…
Nous sommes trop imbus de nous-mêmes pour voir Dieu. Et il est de nous comme d’Hérode et de ses spécialistes en théologie : à ce niveau, on n’entend plus chanter les anges. À ce niveau, on se sent simplement soit menacé, soit ennuyé par Dieu. À ce niveau, on ne veut plus être « son bien », le bien de Dieu, mais ne plus appartenir qu’à soi-même. C’est pourquoi nous ne pouvons plus accueillir Celui qui vient en son « domaine », ou bien alors il nous faut changer pour le reconnaître comme le propriétaire.

Il est venu comme un enfant, pour rompre notre superbe. Peut-être même aurions-nous capitulé devant sa puissance, devant sa sagesse ; or Il ne veut pas notre capitulation, mais notre amour. Il veut nous libérer de notre orgueil et faire de nous des êtres vraiment libres…

Notre Évangile débouche sur la phrase : « Nous avons vu sa gloire… » (Jn 1, 14)…
Ici, c’est le regard rétrospectif du disciple, qui exprime ce qui lui est arrivé en rencontrant Jésus.

Et à vrai dire, nous, les chrétiens, devrions tous pouvoir prononcer cette phrase : « Nous avons vu sa gloire ».
Oui, on pourrait même désormais déclarer ce que croire veut dire : voir sa gloire au cœur de ce monde.
Celui qui croit voit. Mais avons-nous vu ? Sommes-nous restés aveugles ? Ne cessons-nous pas de ne voir que nous-même et notre reflet ? Chacun ne peut voir à l’extérieur que ce qui trouve écho à l’intérieur de lui.

Laissons s’ouvrir les yeux au Mystère de ce jour et retrouver la vue. Alors, nous vivrons et nous verrons…

Ainsi à notre tour, nous pourrons devenir porteurs de la lumière de Bethléem, et prier pleins de confiance : Adveniat regnum tuum ! Que ton Règne vienne ! Que ta Lumière vienne ! Que ta Joie vienne !!!

Joseph Ratzinger,
la grâce de Noël, méditations, Ed. Parole et Silence, 2007.

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