Jubilé des catéchistes - 25 septembre 2016

mercredi 28 septembre 2016
par  Paroisses Erquy et Pléneuf
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Dimanche 25 septembre, s’est tenu le jubilé des catéchistes pour les équipes du diocèse de Saint-Brieuc au Sanctuaire Notre-Dame de Toute Aide, à Querrien (La Prénessaye) en présence de Mgr Denis Moutel.

 « Ce n'est jamais moi qui évangélise, c'est l'Église toute entière »

« Bienvenue à chacun d’entre vous. Nous sommes en communion de prière avec le Pape François qui accueille des catéchistes du monde entier pour passer, ensemble, la Porte Sainte ». C’est par ces mots que Mgr Denis Moutel a ouvert la journée en présence des catéchistes costarmoricains. Après ce temps d’accueil, l’ensemble des catéchistes était invité à se réunir au Champ des Apparitions pour prendre un temps de prière « baptismal », autour de la fontaine. L’évêque de Saint-Brieuc et Tréguier a béni les personnes présentes avant de prendre quelques minutes de silence. « J’ai entendu les oiseaux, la source. Ici, tout commence par le silence », a-t-il repris. « Même si Jeanne Courtel est sourde et muette, ses parents l’ont initiée à la parole du Seigneur à travers l’amour ».
Alors que Jeanne Courtel dit avoir entendu « une dame » lui demander un mouton, son père s’exclamera : « Si cette dame te fait entendre et parler, je lui donne tout mon troupeau ! ».
A travers ce miracle, Mgr Denis Moutel a rappelé l’importance « de se laisser toucher par la miséricorde de Dieu ; miséricorde qui nous saisit même, et peut-être davantage encore, quand nous sommes pêcheurs ».
Les catéchistes, réunis en procession au départ du Champ des Apparitions, ont pris le chemin de la chapelle de Querrien, en priant Marie. « Passer la Porte Sainte, ici comme dans le monde entier, c’est se laisser toucher par le grand amour de Dieu qui fait route avec nous même quand on est en déroute ».

Une approche de la foi différente

A Cracovie (Pologne), durant les Journées Mondiales de la Jeunesse, « le Pape François a invité les jeunes à quitter le divan pour chausser les crampons et rentrer sur le terrain de l’expérience et du partage authentique », a souligné Mgr Denis Moutel durant son homélie. « L’initiation chrétienne revient à être illuminé jour après jour. La Bonne Nouvelle consiste à mettre nos pas dans ceux du Christ ressuscité ».
L’évêque de Saint-Brieuc et Tréguier a rappelé les mots du Père Le Stang, accompagnateur spirituel du synode diocésain : il s’agit de « vivre l’événement et s’en réjouir ».
Mgr Denis Moutel a donné sa vision de la catéchèse ; celle-ci « n’est pas d’abord des idées mais un événement spirituel. Marchez et vivez avec le Christ ! Mais que devons-nous faire ? Accueillons le don de Dieu ensemble sans avoir peur de nous relier ».

L’après-midi fut consacré à un temps d’écoute et d’échange avec Marie-Laure Rochette, chargée d’enseignement à l’institut supérieur de pastorale catéchétique de l’institut catholique de Paris. Dans un premier temps, cette dernière est revenue sur le « profil » des chrétiens issus de la société actuelle. « La baisse de la pratique sacramentelle et des enfants catéchisés est significative ; [tout comme] la baisse de la culture chrétienne. Toutes les fêtes religieuses sont reliées aux vacances mais les écoliers n’en connaissent plus le sens ».
Pour Marie-Laure Rochette, la population tend à relativiser durablement les actes de foi fondamentaux. « Si vous demandez à la fin de la messe ce que veut dire la résurrection, vous aurez des surprises ! ». Celle-ci a mis en évidence que « de plus en plus de gens sont attachés au Christ sans passer forcément par les institutions ».

Une crise bénéfique pour la foi

Marie-Laure Rochette s’est posé la question du bien-fondé de la crise que nous traversons. « Les crises nous provoquent. Comme le disait Hannah Arendt : ‘Une crise nous force à revenir aux questions elles-mêmes et requiert de nous des réponses. Une crise ne devient catastrophique que si nous y répondons par des idées toutes faites, c’est-à-dire par des préjugés’ ». Celle-ci a également rappelé les propos d’Edgar Morin : « Nous sommes peut-être arrivés à un moment de rupture, comme une étape préalable à une métamorphose d’où naîtrait une société-monde d’un type nouveau. Le propre de la métamorphose est de ne pas être prévisible ».

Pour Marie-Laure Rochette, « nous sommes dans une société en plein changement et c’est cela qui est compliqué. Il peut y avoir de l’espérance ou du désarroi mais se préparer à un monde incertain ne veut pas dire se résigner ».

Est-ce que cette crise peut être bénéfique pour la foi ? « Dans un temps incertain, l’incertitude n’est pas un critère pour arrêter de témoigner de la foi. L’annonce de l’Évangile est encore plus urgente ! », a souligné avec force Marie-Laure Rochette. « Sans moment de crise, peut-être que nous n’aurions pas ressenti, de façon aussi forte, le besoin de revenir aux sources de la foi ».
Qu’est-ce qui fait que les paroissiens contemporains viennent à une fête paroissiale, à un pardon ou à un pèlerinage précis sans pour autant être assidus à la messe dominicale ? « Le ‘croire’ des contemporains n’est pas le même ‘croire’ que celui de nos grands-parents. Dans notre monde actuel, ultramoderne, nous sommes sur un mode : ‘je crois ce que je veux et en ce qui est bon pour moi, je sais aussi que tout le monde ne croit pas comme moi’ ». L’intervenante a rappelé que, malgré cette crise identitaire qui secoue les pratiques des chrétiens, le nombre de baptêmes des bébés était constant, tout comme du nombre des catéchumènes.

Une invitation à évangéliser

Marie-Laure Rochette a appelé les catéchistes présents à « rendre compte de l’espérance qui est en [eux] en acceptant que [leur] parole soit une parmi d’autres ». Pour cette dernière, « l’accompagnement demande de la patience. Les gens qui viennent frapper à la porte de l’Église en dehors des lieux, des structures et des rythmes pastoraux habituels déragent nos pratiques ». Il s’agit alors pour les catéchistes de choisir l’attitude pastorale la plus adaptée, une attitude théologale, fondée sur la Parole de Dieu comme Source : « laisser la Parole de Dieu faire son travail » ; avant de rajouter : « Nous sommes une Église qui propose la foi, qui témoigne de l’espérance et de la miséricorde du Christ. La foi vivante de l’Église est une, mais s’exprime dans différentes modalités. L’invitation à évangéliser se traduit par un appel à la conversion ».

Marie-Laure Rochette a souligné l’importance de « choisir et aimer » afin d’être des « chrétiens actifs et engagés ». Celle-ci a rappelé aux catéchistes qu’ils « étaient catéchistes » et « ne travaillaient pas comme catéchistes ».

Dans son envoi, Mgr Denis Moutel a souligné ô combien l’espérance, la foi et la charité étaient importants à ses yeux. « Du côté de l’espérance, je voudrais vous inviter à vous émerveiller du don de Dieu, à être simplement heureux de votre baptême et de votre confirmation. Cela ne veut pas dire que vous n’avez pas de fragilités. Comme disait le pape Paul VI : ‘Les hommes d’aujourd’hui ont plus besoin de témoins que de maîtres’. Ce n’est jamais moi qui évangélise, c’est l’Église toute entière ».

Justine Guibaud

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 Homélie du pape François pour le Jubilé des Catéchistes 2016

L’Apôtre Paul, dans la seconde lecture, adresse à Timothée, mais aussi à nous, quelques recommandations qui lui tiennent à cœur. Parmi elles, il demande de « garder le commandement du Seigneur, en demeurant sans tache, irréprochable » (1Tm 6, 14). Il parle simplement d’un commandement. Il semble qu’il veuille faire fixer notre regard sur ce qui est essentiel pour la foi. Saint Paul, en effet, ne recommande pas beaucoup de points ni d’aspects, mais il souligne le centre de la foi. Ce centre autour duquel tout tourne, ce cœur palpitant qui donne vie à tout, c’est l’annonce pascale, la première annonce : le Seigneur Jésus est ressuscité, le Seigneur Jésus t’aime, il a donné sa vie pour toi ; ressuscité et vivant, il est présent à tes côtés et il t’attend chaque jour. Nous ne devons jamais l’oublier. En ce Jubilé des catéchistes, il nous est demandé de ne pas nous lasser de mettre en premier l’annonce principale de la foi : le Seigneur est ressuscité. Il n’y a pas de contenu plus important, rien de plus solide et actuel. Tout le contenu de la foi devient beau s’il est relié à ce centre, s’il est traversé par l’annonce pascale. En revanche, s’il est isolé, il perd sens et force. Nous sommes toujours appelés à vivre et à annoncer la nouveauté de l’amour du Seigneur : « Jésus t’aime vraiment, comme tu es. Fais-lui une place : malgré les déceptions et les blessures de la vie, laisse-lui la possibilité de t’aimer. Il ne te décevra pas ».

Le commandement dont parle saint Paul nous fait penser aussi au commandement nouveau de Jésus : « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés » (Jn 15, 12). C’est en aimant que l’on annonce le Dieu-Amour. Non pas en cherchant à convaincre, jamais en imposant la vérité, non plus en se raidissant sur des obligations religieuses ou morales. Dieu est annoncé en rencontrant les personnes, en prêtant attention à leur histoire et à leur chemin. Car le Seigneur n’est pas une idée, mais une personne vivante : son message passe par le témoignage simple et vrai, par l’écoute et l’accueil, par la joie qui rayonne. On ne parle pas bien de Jésus quand on est triste : on ne transmet pas non plus la beauté de Dieu en faisant seulement de belles prédications. Le Dieu de l’espérance est annoncé en vivant aujourd’hui l’Évangile de la charité, sans peur d’en témoigner aussi sous des formes nouvelles d’annonces.

L’Évangile de ce dimanche nous aide à comprendre ce que veut dire aimer, et surtout à éviter certains risques. Dans la parabole, il y a un homme riche qui ne remarque pas Lazare, un pauvre qui est « devant son portail » (Lc 16, 20). Ce riche, en réalité, ne fait de mal à personne, on ne dit pas qu’il est mauvais. Mais il a une infirmité plus grande que celle de Lazare, qui est « couvert d’ulcères » (ibid.) : ce riche souffre d’une grande cécité, parce qu’il ne réussit pas à regarder au-delà de son monde fait de banquets et de beaux vêtements. Il ne voit pas derrière la porte de sa maison où est allongé Lazare, parce que ce qui se passe dehors ne l’intéresse pas. Il ne voit pas avec les yeux car il ne sent pas avec le cœur. La mondanité qui anesthésie l’âme est entrée dans son cœur. La mondanité est comme un « trou noir » qui engloutit le bien, qui éteint l’amour parce qu’elle ramène tout au moi. On ne voit plus alors que les apparences et on ne prête plus attention aux autres, car on devient indifférent à tout. Souvent, celui qui souffre de cette grave cécité se met à « loucher »  : il regarde avec révérence les personnes célèbres, de haut rang, admirées du monde, et il détourne le regard des nombreux Lazare d’aujourd’hui, des pauvres et de ceux qui souffrent, qui sont les préférés du Seigneur.

Mais le Seigneur regarde celui qui est négligé et mis à l’écart du monde. Lazare est le seul personnage, dans toutes les paraboles de Jésus, à être appelé par son nom. Son nom veut dire « Dieu aide ». Dieu ne l’oublie pas, il l’accueillera au banquet de son Royaume, avec Abraham, dans une communion riche en affections. En revanche, l’homme riche, dans la parabole, n’a même pas de nom ; sa vie est oubliée, car celui qui vit pour soi ne fait pas l’histoire. Et un chrétien doit faire l’histoire ! Il doit sortir de lui-même, pour faire l’histoire ! Mais celui qui vit pour soi ne fait pas l’histoire. L’insensibilité d’aujourd’hui creuse des abîmes infranchissables à jamais. Et nous sommes tombés, à présent, dans cette maladie de l’indifférence, de l’égoïsme, de la mondanité.

Il y a un autre détail dans la parabole, un contraste. La vie opulente de cet homme sans nom est décrite comme ostentatoire : tout en lui réclame des besoins et des droits. Même mort il insiste pour être aidé et prétendre à ses intérêts. La pauvreté de Lazare, en revanche, s’exprime avec une grande dignité : aucune lamentation, protestation ni parole de mépris ne sort de sa bouche. C’est un enseignement précieux : en tant que serviteurs de la parole de Jésus nous sommes appelés à ne pas étaler une apparence et à ne pas rechercher la gloire ; nous ne pouvons pas non plus être tristes ni nous lamenter. Ne soyons pas des prophètes de malheur qui se complaisent à dénicher les dangers ou les déviances ; ne soyons pas des gens qui se retranchent dans leurs propres environnements en émettant des jugements amers sur la société, sur l’Église, sur tout et sur tous, polluant le monde de choses négatives. Celui qui est familier de la Parole de Dieu ne connaît pas le scepticisme qui se lamente.

Celui qui annonce l’espérance de Jésus est porteur de joie et voit loin, il a des horizons, il n’a pas un mur qui le ferme ; il voit loin car il sait regarder au-delà du mal et des problèmes. En même temps il voit bien de près, car il est attentif au prochain et à ses nécessités. Aujourd’hui, le Seigneur nous le demande : devant tant de Lazare que nous voyons, nous sommes appelés à nous inquiéter, à trouver des chemins pour rencontrer et aider, sans déléguer toujours aux autres et dire « je t’aiderai demain, aujourd’hui je n’ai pas le temps, je t’aiderai demain ». Et c’est un péché. Le temps donné pour porter secours aux autres est du temps donné à Jésus, c’est de l’amour qui demeure : c’est notre trésor au ciel que nous nous procurons ici sur terre.

En conclusion, chers catéchistes et chers frères et sœurs, que le Seigneur nous donne la grâce d’être renouvelés chaque jour par la joie de la première annonce : Jésus est mort et ressuscité, Jésus nous aime personnellement ! Qu’il nous donne la force de vivre et d’annoncer le commandement de l’amour, en dépassant la cécité de l’apparence et les tristesses mondaines. Qu’il nous rende sensibles aux pauvres, qui ne sont pas un appendice de l’Évangile, mais une page centrale, toujours ouverte devant tous.

Homélie du pape François
Place Saint-Pierre
Dimanche 25 septembre 2016

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