Mardi 6 octobre 2015

Une méditation d’actualité : Qui est mon prochain Enregistrer au format PDF

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Les textes de la liturgie du lundi 5 octobre proposait cette page de Luc appelée le « bon samaritain ». Soeur Véronique Thiébaut Religieuse de l’Assomption guide ensuite notre réflexion.

Qui est mon prochain ? Parabole du bon Samaritain

Et voici qu’un légiste se leva et lui dit, pour le mettre à l’épreuve : « Maître, que dois-je faire pour recevoir en partage la vie éternelle ? »  26Jésus lui dit : «  Dans la Loi qu’est-il écrit ? Comment lis-tu ? »  27Il lui répondit : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta force et de toute ta pensée, et ton prochain comme toi-même.  »  28 Jésus lui dit : « Tu as bien répondu. Fais cela et tu auras la vie. » 29 Mais lui, voulant montrer sa justice, dit à Jésus : « Et qui est mon prochain ? »  30 Jésus reprit : « Un homme descendait de Jérusalem à Jéricho, il tomba sur des bandits qui, l’ayant dépouillé et roué de coups, s’en allèrent, le laissant à moitié mort. 31Il se trouva qu’un prêtre descendait par ce chemin ; il vit l’homme et passa à bonne distance. 32Un lévite de même arriva en ce lieu ; il vit l’homme et passa à bonne distance. 33Mais un Samaritain qui était en voyage arriva près de l’homme : il le vit et fut pris de pitié. 34Il s’approcha, banda ses plaies en y versant de l’huile et du vin, le chargea sur sa propre monture, le conduisit à une auberge et prit soin de lui. 35Le lendemain, tirant deux pièces d’argent, il les donna à l’aubergiste et lui dit : “Prends soin de lui, et si tu dépenses quelque chose de plus, c’est moi qui te le rembourserai quand je repasserai.” 36Lequel des trois, à ton avis, s’est montré le prochain de l’homme qui était tombé sur les bandits  »  37Le légiste répondit : « C’est celui qui a fait preuve de bonté envers lui. » Jésus lui dit : «  Va et, toi aussi, fais de même. »

Luc 10, 25-37

Véronique Thiébaut (Religieuse de l’Assomption)

«  Tu m’as jeté au plus profond du cœur des mers (…) tes ondes et tes vagues ensemble ont passé sur moi. »  Le psaume que la liturgie nous propose aujourd’hui évoque tant d’images déversées par l’actualité au cours de ces dernières semaines. Il nous permet de crier vers Dieu avec les réfugiés, avec les migrants, avec les hommes, les femmes, les enfants qui traversent les frontières de l’espérance et ceux qui ne verront pas le jour sur une nouvelle terre. La voix de notre prière devient la voix de toutes celles et tous ceux qui n’ont même plus la force de crier. Alors que le psaume a ouvert nos oreilles et notre bouche, l’Évangile ouvre nos yeux et nos mains. Ceux qui connaissent le chemin ancien qui mène de Jérusalem à Jéricho savent qu’il n’est pas large. Lorsque Jésus évoque un homme blessé sur ce chemin, cela signifie qu’il bloque le passage et qu’on ne peut pas vraiment l’ignorer. Ainsi, comme il était impossible aux prêtres, aux lévites et au Samaritain de ne pas voir l’homme blessé, il nous est impossible de fermer les yeux sur les visages de tous les déplacés de notre temps. Alors qu’ils nous semblent lointains et étrangers, l’actualité, tout à coup, les rapproche de nous. Pouvons-nous passer outre sans entrer en contradiction avec l’esprit évangélique ? Ne sommes nous pas convoqués pour un acte de charité à l’échelle mondiale ? Quels que soient nos engagements et nos responsabilités, il nous faut accepter de changer de route pour porter un moment la préoccupation des plus pauvres. La liturgie nous invite à joindre l’acte à la prière et la compassion active au cri de communion .

Autres textes : Jo 1, 1 – 2, 1.11 ; Cant. de Jonas 2, 3, 4, 5, 8.