Lundi 4 juin 2018

Un mouvement inhabituel dans les paroisses

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Une première salve de 24 nominations a été rendue publique hier. D’autres sont attendues dans les jours prochains. Ça va bouger à la rentrée dans le diocèse !

Entretien de Mgr Denis Moutel, évêque de Saint-Brieuc et Tréguier.

Vingt-quatre nominations de prêtres la même année : c’est inhabituel… Et ce n’est pas fini ! Comment expliquez-vous cet impressionnant mouvement ?

Deux explications majeures expliquent ce mouvement inhabituel. D’une part, nous voulions attendre la clôture du synode diocésain (NDLR, le 4 juin 2017) avant de procéder à ces nominations particulièrement nombreuses et importantes… D’autre part, beaucoup de prêtres arrivaient à l’âge de la retraite. De ce fait, nous avons été obligés de procéder à beaucoup de changements…

Dans le texte qui accompagne ces nominations, vous écrivez qu’une paroisse « ne choisit pas un prêtre et qu’elle doit l’accueillir comme un don du Seigneur » ? Est-ce à dire qu’il y a parfois des paroisses qui refusent la nomination d’un prêtre ?

Non. C’est simplement un appel à un accueil bienveillant par les différentes communautés paroissiales. Certains paroissiens n’aiment pas tellement le changement. Ils se sont habitués à leurs curés qu’ils aimaient bien et qu’ils regrettent de voir partir… Je suis conscient que cela peut demander un effort d’adaptation et de disponibilité de cœur. Mais de même qu’un prêtre doit recevoir la communauté qui lui est confiée, une paroisse reçoit un ou plusieurs prêtres comme un don du Seigneur.

La moitié de ces nominations concernent des prêtres venant notamment de pays africains comme le Bénin ou le Cameroun…

Tout à fait. Certains de ces prêtres fidei donum, comme on les appelle (NDLR : qui viennent d’autres pays du monde), ont même été nommés curés de paroisse. Accueillir des prêtres étrangers, c’est apprendre des autres, mais aussi beaucoup de nous…

La présence de ces prêtres étrangers est la résultante du vieillissement des prêtres et de la crise des vocations… Justement, où en est-on des vocations dans le diocèse ?

Je suis confiant pour l’avenir. D’une part, parce que la pyramide des âges fait que, dans les années qui viennent, il y aura dans le diocèse une pause dans les départs de prêtres à la retraite. D’autre part, parce que les vocations sont à la hausse. Aujourd’hui, il y a neuf séminaristes au séminaire Saint-Yves de Rennes. L’un d’entre eux va être ordonné diacre cette année. Et dans les trois prochaines années, nous devrions avoir cinq nouveaux prêtres.

Avez-vous des projets de nouvelles paroisses ?

Oui. Dès le mois de septembre. Cela concerne quelques petites paroisses du diocèse qui vont se regrouper. Les discussions sont en cours. Mais il est encore trop tôt pour en parler.

Recueilli par Joël Bigorgne,
Ouest-France, jeudi 26 avril 2018