Samedi 2 janvier 2016 — Dernier ajout mercredi 6 janvier 2016

Temps de Noël - Une Sainte Famille si humaine Enregistrer au format PDF

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Comment vivre en enfant de Dieu

Jésus n’est pas venu pour se donner à voir, panneau dans lequel nous tombons parfois en restant spectateurs admiratifs des crèches. Son projet est de nous faire entrer avec Lui dans la Sainte Famille des enfants de Dieu.

À quelques conditions toutefois :

  • Accepter un développement de notre-être-enfant de Dieu. Nous n’aurons jamais fini de découvrir la grandeur et la profondeur de cette grâce … jusqu’à ce que nous le voyions tel qu’Il est.
  • Ne plus pécher. Impossible ! Sauf si nous reconnaissons que la racine du péché consiste dans l’orgueil de se prendre pour Dieu, de décider de ne plus dépendre de Lui, de refuser donc d’être son fils. Drame vécu par le Prodigue et liquidé lorsqu’il accepta de recouvrer sa condition de fils. Quiconque est né de Dieu ne commet pas le péché. Signes concrets de cette condition surnaturelle, être des artisans de justice et de paix (cf. verset 10).
  • Aimer pour de vrai, c’est-à-dire vivre une foi active aux couleurs de la justice et de la charité, n’aimer ni de mots ni de langue mais en actes et en vérité.

Croire et aimer marchent ainsi la main dans la main. Avancer dans cette conviction est l’anti-péché par excellence ! Engendrer n’est pas se reproduire (Lc 2,41-52) Nous connaissons la pieuse image qui représente la Sainte Famille empreinte de douceur et de piété, Joseph, debout, protecteur, Marie assise pleine de douceur et de tendresse, Jésus, accroché à sa robe, dans la paix innocente de l’enfant heureux d’être avec ses parents. Saint Luc casse aujourd’hui ce tableau idyllique. Marie et Joseph sont anxieux, passent trois jours à chercher leur petit … leur angoisse est bien connue des parents dont l’enfant a disparu… Fugue, rapt ou simple retard, toutes les hypothèses défilent alors. Et quand le perdu est retrouvé, l’émotion se teinte de reproche : pourquoi nous as-tu fait cela ? La question n’a pas pris une ride depuis vingt-et-un siècle ! La famille si sainte soit-elle demeure profondément humaine. Et dans ce creuset chacun voit naître sa propre responsabilité, trace sa propre route, personnelle, originale. Il a à écouter la volonté de Dieu et à décider librement de l’orientation à prendre. Engendrer n’est pas se reproduire, mais faire du neuf, de l’inattendu. Les bras s’ouvrent pour permettre de marcher, de réfléchir, de décider par soi-même. Ils ne se referment pas dans un geste d’affection qui deviendrait vite celui d’un étouffement. Engendrer dans l’esprit d’un Créateur qui forme de la glaise un homme libre !

Journal de la Paix en marche, hors série décembre 2015