Dimanche 4 mars 2018

Sacrement de Réconciliation ?…

0 vote

Confesser l’Amour de Dieu et nos péchés

Une réflexion d’un Pénitent à l’occasion de sa relecture de vie : « Si j’ai bien compris mon histoire, le monceau de mes péchés pardonnés est devenu une suite de collines verdoyantes ensemencées par la tendresse de Dieu. » Je crois que ces propos traduisent bien le sens de ce sacrement : une rencontre qui porte fruit.

Une rencontre

Dieu nous cherche toujours car il nous aime, même dans notre pauvreté du péché. Les mamans et les papas sont un peu comme cela avec un enfant, surtout s’il est handicapé. L’amour de Dieu compense notre handicap, même s’il ne sera jamais guéri totalement… Nous venons converser comme un ami (Exode 33,11). Regardons la parabole de l’Enfant Prodigue (Luc 15,11) : il s’agit d’une rencontre où le fils a peu parlé ; mais le Père est bien plus loquace et agissant. Il organise même la fête des retrouvailles et invite largement…

C’est bien cela l’essentiel du Sacrement : nous rencontrons Dieu Père et nos Frères.

Dommage que l’aîné de la parabole ronchonne et décline l’invitation. Nous ne pouvons faire la fête avec le Père, si nous n’acceptons pas le Frère ! … une rencontre qui ouvre à Dieu et aux autres.

Mais l’accusation ?

Bien sûr, elle est importante pour nous d’abord, car il nous faut voir un peu plus clair dans la situation et savoir exactement où est notre mal. Le « médecin » attend notre parole explicative. Nous découvrons nos plaies au docteur pour qu’il y remédie. Nous ouvrons nos portes « grinçantes et branlantes » à Dieu, pour qu’il rentre et nous rétablisse. La « confession de nos péchés » est plus importante pour nous, que pour Dieu.

Lui, il veut nous exprimer son Amour et sa Compétence ; nous, nous avons à lui ouvrir la porte du cœur. C’est bien notre cœur que Dieu veut, notre guérison, un nouveau comportement, une « nouvelle alliance » avec lui. Une accusation qui ne changerait pas le cœur et le comportement sera bien stérile…

Et l’absolution ?

Un prêtre, pécheur, comme chaque pénitent, a reçu ce pouvoir de remettre les péchés (Mt 16,10), non pas à cause de sa sainteté (il doit devenir saint, enfant de Dieu, comme chaque pénitent). Je traduis « librement » : que Dieu Père vous enveloppe du manteau de sa tendresse ; que Jésus son Fils sur la croix vous serre sur son cœur comme le larron, pour vous communiquer sa Vie ; que l’Esprit Saint gonfle la voile de votre existence par l’amour et vous envoie aux « périphéries » proclamer que Dieu est plein de tendresse et miséricorde… Et moi, Je vous pardonne tous vos péchés, au nom de Dieu-Amour.

Abbé Yves Le Breton Prêtre en retraite, résident au Cèdre

Documents à télécharger