Samedi 2 janvier 2016 — Dernier ajout mercredi 6 janvier 2016

Qu’est-ce qu’un Jubilé ?

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L’origine du jubilé

Le mot Jubilé tire son origine de l’hébreu jobel (la corne de bélier) puis du latin jubilare (se réjouir).

En effet, selon la Loi transmise à Moïse, la sonnerie de cette corne introduisait tous les cinquante ans la solennité de l’année du jubilé : «  Tu compteras sept semaines d’années, sept fois sept ans, c’est-à-dire le temps de sept semaines d’années, quarante-neuf ans. Le septième mois, le dixième jour du mois tu feras retentir l’appel de la trompe (…). Vous déclarerez sainte cette cinquantième année et proclamerez l’affranchissement de tous les habitants du pays. Ce sera pour vous un jubilé : chacun de vous rentrera dans son patrimoine, chacun de vous retournera dans son clan. Cette cinquantième année sera pour vous une année jubilaire : vous ne sèmerez pas, vous ne moissonnerez pas les épis qui n’auront pas été mis en gerbe, vous ne vendangerez pas les ceps qui auront poussé librement. Le jubilé sera pour vous chose sainte, vous mangerez des produits des champs.” (Lévitique 25, 8-12)

Le jubilé consistait donc à organiser un nouveau partage tous les sept fois sept ans, suivi d’une année sans travaux agricoles. Il proclamait la libération des Hébreux qui avaient perdu leur statut d’hommes libres.

Le jubilé dans la tradition catholique

Le Jubilé, temps exceptionnel du mystère du Christ et du salut de l’homme peut être ordinaire (par exemple, tous les cinquante ou cent ans) ou extraordinaire (les jubilés décrétés par le Pape lors d’une occasion particulière). Dans tous les cas, il s’agit d’une « année sainte », temps de rémission des péchés, d’appel au renouveau et à la sainteté. Les 25 jubilés ordinaires (le premier fut celui décrété en 1300 par le pape Boniface VIII), et les jubilés extraordinaires célébrés depuis le XVe siècle, ont été des temps privilégiés de ferveur et d’affluence des pèlerins à Rome. Ils ont été des occasions d’embellissement des lieux saints ; de nombreuses canonisations et béatifications ; de naissance d’œuvres et de congrégations etc…. Ces jubilés ont aussi permis à l’Église de se renouveler dans la foi et de se mobiliser dans des périodes difficiles.

(Le jubilé de l’an 1300)

Trois "signes" traditionnels du Jubilé

Depuis des siècles, le pèlerinage, l’ouverture de la porte sainte et la demande de l’indulgence ont fait partie de la célébration des jubilés. Le pèlerinage évoque le cheminement du chrétien, avec le soutien de la grâce de Dieu, sur la voie qui conduit à la perfection. Franchir la porte sainte fait réfléchir au passage du péché à la grâce. L’indulgence, qui implique une vraie conversion, est le signe du don total de la miséricorde et de l’amour de Dieu qui sont répandus dans le monde par le ministère de l’Église. Selon l’Église, le Christ invite l’homme à coopérer à son action salvifique. Ainsi, les œuvres accomplies à travers les siècles constituent un « trésor » qui est mis à la disposition de tous. L’enseignement sur l’indulgence reflète donc la foi en la communion des saints et montre que chacun peut aider ses frères (vivants ou morts) à s’approcher de Dieu.

Un jubilé, pourquoi ? dans quel but ?

Célébrer un Jubilé, c’est reprendre à pleines mains le temps écoulé, pour remettre de l’ordre dans nos libertés et nos cœurs, c’est le moment de prendre un engagement concret qui change réellement notre vie, de poser des actes de réconciliation et de partage. Mais surtout, c’est nous tourner vers l’avenir puisque Dieu nous en fait la grâce. Le Jubilé est ainsi un moment où nous sommes invités à nous laisser saisir par l’espérance, puisque c’est Dieu qui nous la donne : pour agir selon son amour et aussi pour l’enseigner et en témoigner, comme Jésus nous le demande.

Hedwige Gagey, Plurien
Cette démarche est précédée d’un « pèlerinage vers la Porte sainte ». Les lieux qui ont été retenus pour notre diocèse pour l’Année du jubilé sont :
  • la Cathédrale de Tréguier,
  • le Sanctuaire Notre-Dame de Toute Aide à Querrien (près de Loudéac).

Ce geste est à associer au Christ, qui est « la porte » (jean 10,7) [1] menant au Père. Le franchissement de la Porte sainte, passage du péché à la grâce, est donc le signe du désir : une véritable conversion.

[1« De nouveau donc Jésus leur dit : « Vraiment, vraiment je vous dis : je suis la porte des brebis. Tous ceux qui sont venus avant moi sont des voleurs et des brigands ; mais les brebis ne les ont pas écoutés. je suis la porte. Si quelqu’un entre par moi, il sera sauvé, il ira, il viendra et trouvera pâture. …  »