Samedi 31 mars 2018 — Dernier ajout dimanche 13 mai 2018

Les disciples d’Emmaüs

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Le premier jour de ce mois d’Avril, nous célébrons la solennité de Pâques, la Résurrection du Christ, le cœur et le fondement de notre foi chrétienne. Pendant les semaines qui suivent (le temps pascal), la liturgie nous fait lire les « manifestations » du Christ ressuscité. Parmi ces récits, la rencontre avec les disciples d’Emmaüs est bien connue.

Le soir de Pâques, deux disciples se rendent de Jérusalem à un village appelé Emmaüs. Ils sont tout tristes, nous dit l’évangile. Ils ont suivi Jésus pendant sa vie sur la terre et ils ont cru à son message. Mais celui qui faisait des miracles est mort sur une croix ! Ils sont découragés, leurs espérances ont été déçues. Un homme vient alors les rejoindre sur leur route. C’est Jésus ressuscité, mais, aveuglés par leur peine, les deux disciples ne le reconnaissent pas. Le Christ s’approche avec une grande délicatesse, il se met à leur hauteur, il marche avec eux.

Nous aussi, nous sommes souvent tentés de baisser les bras pour toutes sortes de raisons : chômage, séparation, maladie, solitude, vieillesse, deuil, … Mais l’expérience des deux disciples nous montre que Jésus est toujours avec nous. En Jésus, Dieu se fait proche des hommes, il entre dans leur histoire. Sur nos chemins, Jésus ressuscité se fait compagnon de voyage.

En bon pédagogue, l’inconnu va d’abord faire parler et écouter les disciples qui relatent les évènements qui viennent de se passer à Jérusalem, leur désarroi, leur espoir déçu. Ils lui disent comment Jésus de Nazareth est mort. Ils rapportent aussi que des femmes ont vu le tombeau vide et affirment que Jésus est vivant. Mais cela n’a pas suffi à les convaincre, car eux ils ne l’ont pas vu. Alors leur compagnon prend la parole et leur explique comment tout ce qui est arrivé était annoncé dans les Écritures. Jésus leur fait une catéchèse biblique. C’est la parole même du Ressuscité qui les éclaire sur les Écritures et qui permet d’en révéler le sens profond. Pour les chrétiens, les textes de la Bible, lus à la lumière de la Résurrection, prennent tout leur sens. « Le Nouveau Testament est caché dans l’Ancien, et l’Ancien est révélé dans le Nouveau », dit Saint Augustin.

Sans savoir encore vraiment qui il est, les disciples ont envie de garder Jésus auprès d’eux, comme quelqu’un que l’on commence à découvrir et à apprécier, et que l’on veut connaître davantage. Alors ils l’invitent à rester avec eux. C’est seulement quand Jésus bénit et rompt le pain, au cours du repas partagé, que leurs yeux s’ouvrent : leur compagnon de route, c’est Jésus ressuscité ! Il a reproduit les mêmes gestes que lors de la Cène, le Jeudi-Saint. Ensuite, les disciples s’empressent de retrouver les apôtres et de témoigner de ce qu’ils ont vécu.

Ce superbe texte d’évangile contient déjà la structure de la messe : dans la première partie, l’écoute de la Parole à travers les textes de l’Écriture ; dans la deuxième partie, la liturgie de l’Eucharistie et la Communion au Corps et au Sang du Christ ressuscité. En se nourrissant à ce double banquet, l’Église s’édifie sans cesse et se renouvelle dans la foi, dans l’espérance et la charité.

Abbé Prosper CHÉHU Aumônier de la Communauté Saint-Thomas de Villeneuve à Moncontour.

Icône Emmaüs de Jacques Bihin

Légende photos passion résurrection
Les disciples d’Emmaüs. Cet icône se présente en trois scènes, rappel de la Trinité, comme une bande dessinée, mais sur une seule planche.
En bas à gauche, Cléophas et son compagnon partis au petit matin de Jérusalem, sont las, désappointés. Ils n’ont pas cru à l’annonce de la résurrection par « les femmes » ni prêté attention au fait que Pierre avait vu le tombeau vide. Ils sont dans un désert aride. Voilà que Jésus fait route avec eux leur expliquant « tout ce qui le concernait dans les écritures » mais « leurs yeux étaient aveuglés, ils ne reconnurent pas. »
Jésus ne s’impose pas à leur côté, c’est à la demande des disciples qu’il accepte leur invitation : «  reste avec nous Seigneur. » À la fraction du pain ils le reconnurent, mais Jésus disparaît à leurs yeux
Les voilà maintenant transformé, pleins d’allant pour retourner à Jérusalem annoncer la nouvelle inouïe qu’ils venaient de vivre. Le désert s’en couvre de végétation et de fleurs. Comme ils n’avaient pas cru le récit « des femmes » au petit matin, de même ils trouveront la même incrédulité, quand, arrivés à Jérusalem, le soir ils narreront l’apparition de Jésus.
un coup d’œil à l’ensemble de cette icône contemporaine réalisée en 2007 par Jacques Bihin. (« M. Google » lui consacre un article)
Raymond Granié

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