Mercredi 12 août 2015 — Dernier ajout vendredi 21 août 2015

La chapelle Notre-Dame des marins d’Erquy - J.P. Le Gal-La Salle Enregistrer au format PDF

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[!sommaire] La chapelle Notre-Dame des Marins a été construite au lieu et place d’une chapelle beaucoup plus ancienne, connue depuis le Moyen Age sous le vocable de "La croix des Sept Saints. »

Chapelle de la Croix des Sept-Saints

Au XIIe siècle, l’ordre religieux et militaire des Templiers, fondé à Jérusalem en 1118, pour veiller à la sûreté des grands chemins suivis par les « croisés » pour se rendre en Terre-Sainte, s’établit en Bretagne où les riches et les pauvres eurent à cœur de leur faire de "grandes aumônes »

Les Templiers construisirent alors, avec des dons, des bâtiments, à la fois lieu de culte et gîtes d’étape pour abriter les croisés qui, après avoir traversé la Manche, abordaient la côte est de la baie de Saint-Brieuc, avant de poursuivre leur voyage vers l’Orient. On les vit s’établir à Saint-Cast, à la « Croix Huis », à Pléboulle ; à « Montbran » ; à Pléneuf et à Saint-Alban, autour de la chapelle Saint-Jacques. À Erquy même, les frères Menesac, leur firent ces dons attestés par une charte du XIIe siècle. C’est certainement à la suite de ce don que les Templiers construisirent sur un tertre dominant la baie d’Erquy, une chapelle dédiée à la Sainte-Croix pour accueillir les pèlerins d’Outre-Manche qui avaient résolu de « prendre la Croix ou de se Croiser » pour sauver Jérusalem des Infidèles musulmans. C’est ce qu’on appela « les Croisades. »

Quelques années plus tard, s’établit en Bretagne un pèlerinage purement local, connu sous le nom de Tro-Breiz (Tour de Bretagne), marqué par les lieux d’étape et de dévotion dédiés aux Sept Saints fondateurs des évêchés bretons : Samson, Malo, Brieuc, Tugdual, Pol, Aurélien, Corentin, Paterne (Dol, Saint-Malo, Saint-Brieuc, Tréguier, Saint-Pol de Léon, Quimper, Vannes). Ce pèlerinage utilisa, quand ils se trouvaient sur son chemin, les lieux de culte-étape fondés par les Templiers. Il fut, lui aussi, encouragé par des seigneurs locaux, notamment Roland II de Dinan-Montafilan, Sgr de Coron qui possédait des biens en Erquy (village de Caroual). C’est alors que notre chapelle prit le vocable de Croix des Sept Saints qu’elle a gardé jusqu’au milieu du XIXe siècle. On voyait alors, près de la chapelle une croix de pierre et sept statues des saints évêques portant la mitre. L’une d’elle, très dégradée par les vents du large, est conservée maintenant dans la chapelle.

On sait qu’en 1312, l’Ordre des templiers fut dissous par le Concile de Vienne et tous ses biens donnés à l’Ordre des Hospitaliers de Saint Jean de Jérusalem, plus tard nommé Ordre de Malte. Ceux-ci étaient déjà établis, dans notre région, aux Hôpitaux de Planguenoual, Pléhérel, Erquy. De plus, ils possédaient, au Saint-Sépulcre, en notre paroisse, un établissement avec chapelle. Ils y soignaient les pèlerins qui avaient ramené la lèpre de Terre Sainte. La chapelle de Notre-Dame des Sept Saints n’offrait guère d’intérêt pour eux, d’autant plus que les Croisades étaient bientôt suspendues et que le Tro-Breiz s’essoufflait, lui aussi, à son tour.

Notre chapelle suscita alors la convoitise d’un seigneur voisin, le sieur de la ville Rogon. Il ne faut jamais perdre de vue qu’un édifice de culte doit être entretenu et qu’à cette époque, débuts du XVle siècle, les seigneurs laïcs avaient tendance à établir des droits sur les édifices religieux en échange de donations en argent ou nature. Ils y trouvaient, avec l’accord du clergé et des paroissiens, un lieu de sépulture perpétuel et des droits honorifiques d’armoiries, de banc, etc. . . . Ainsi la famille Rogon se pose-t-elle, dès le XVlème siècle en seigneurs prééminenciers de la chapelle, affirmant que le tertre, sur lequel elle avait été bâtie, leur appartenait. Quant au service divin qui se composait, en cours d’années que de quelques messes demandées par des particuliers pour le repos de leur âme, il était assuré par le clergé de la paroisse. Le recteur continuait d’y faire célébrer, chaque 14 septembre, la fête de la Sainte Croix, fête d’origine Templière, car on trouvait la même, au même jour, agrémentée d’une foire, à la Montbran. Ce jour-là, les fidèles offraient au clergé de la paroisse du beurre, des jeunes veaux, un peu de blé, du lin, du fil, deux ou trois oisons.

Chapelle Notre-Dame de la Croix des Sept-Saints

Au début du XVIIe siècle, le propriétaire de la Ville-Rogon, Briant Gouyon du Vaurouault, seigneur de la Ville-Gour, en Erquy, fonda en notre chapelle « une chapellenie Notre Dame », d’un bénéfice de 50 livres, fondé sur des champs voisins, ceci afin d’assurer plus solidement ses droits honorifiques et de se voir, peut-être, un jour, reconnaître des droits de fondateur. A la suite de cette innovation juridique, acceptée du reste par le recteur d’Erquy et les paroissiens, qui n’y voyaient que des avantages, la chapelle prit le nom compliqué de « Notre Dame de la Croix des Sept Saints », rappelant les trois dévotions successives inhérentes à ce lieu.. Par cet acte, les seigneurs de la Ville-Gour avaient, en outre, droit de nommer un chapelain qui prit à Erquy le nom de « sieur de Notre- Dame ». Le culte marial s’y transporta. Nous pensons que c’est à cette époque qu’on y plaça la vierge qui, auparavant, ornait l’autel de sainte Marie, devenu depuis peu l’autel de la confrérie du Rosaire, au haut du bas, côté sud de l’église. De plus, les seigneurs de la Ville-Gour pouvaient régenter à leur guise les festivités laïques qui accompagnaient les fêtes de la Nativité et de l’Assomption. Ce jour-là, le chapelain devait leur offrir un repas, ainsi qu’à leur famille et autres « personnes de qualité par eux invitées ». Ces agapes réduisaient le revenu du chapelain, au point qu’il se contenta bientôt d’un service minimum. Quant aux seigneurs de la Ville-Gour, lorsqu’ils furent déboutés, par le Duc de Penthièvre, de leurs prétendus droits de fondateur, ils abandonnèrent l’entretien du bâtiment, qui, à la veille de la Révolution, paraît en triste état.

La chapelle se compose alors d’une bâtisse de 25 m de long sur 10 m de large, prolongée par un chœur plus étroit éclairé par une maîtresse vitre flamboyante. Nous n’en saurons jamais davantage. Il n’en existe, à notre connaissance, aucun dessin, aucune photographie.

Notre Dame des Marins

La Révolution

La constitution Civile du Clergé exigeait un seul lieu de culte par paroisse. La chapelle, trop peu éloignée du bourg pour prétendre à la fonction « d’oratoire national », fut fermée. Devenue propriété de la Nation, elle est destinée à être vendue.

Le district de Lamballe chargea le citoyen Marille Jéhannès, de Saint-Alban, de l’estimer. Pour une raison que nous ignorons, celui-ci, se souvenant peut-être que sa famille était originaire d’Erquy, la classa parmi les biens réservés, ainsi que le tertre qui l’entourait. Seuls furent vendus les champs assurant les revenus du chapelain supprimé. La nouvelle municipalité est chargée de la gestion et de l’entretien du bâtiment.

En 1792, la guerre avec l’Angleterre amena à Erquy de nombreux soldats. La municipalité devait les loger. Elle affecta la chapelle au casernement, d’abord des Gardes Nationaux, puis à partir de 1795, des troupes de ligne d’infanterie et d’artillerie. Mal logés dans ce bâtiment peu salubre dont les terres cuites avaient été enlevées pour construire le four à boulet et les vitres brisées, les soldats de la République tombaient malades. Ils comparaient ce logement humide à une cave, impossible à chauffer. Sur le rapport de l’un de leurs commandants, du Il novembre 1797, les autorités de Saint Brieuc décidèrent d’évacuer ce casernement et de le remplacer par le presbytère alors inoccupé.

Restauration de la dévotion dans la vieille chapelle. Installation d’une classe d’école

En 1804, 1808, 1819, l’évêque de Saint Brieuc inscrit Notre-Dame au nombre des chapelles dont il désirait voir le retour au culte, en qualité de « chapelle de secours à l’église paroissiale ». Le préfet n’y était pas opposé, mais la loi voulait que la « fabrique » (institution héritière du général de la paroisse, pour la gestion du culte), ou, à défaut, la commune, pourvoient à « un entretien décent du bâtiment » et aux frais du culte. Or, du fait de la vente des biens de la paroisse aux débuts de la Révolution, la fabrique d’Erquy était sans ressource. De son côté, la commune, mise en demeure de payer le salaire du recteur, (ce qui provoqua la démission du maire Jean-Pierre Pasturel), n’était pas plus riche. La réouverture de Notre Dame était impossible.

Ce n’est qu’en 1823, avec le retour d’une Monarchie, soutien de la Religion, que le gouvernement accorda à la commune une somme à prendre sur les amendes du tribunal de Broons, pour l’entretien de la chapelle « bâtiment communal ». Il n’est pas question, dans cette décision d’un retour au culte…

Cependant, sans se préoccuper de l’aspect juridique des choses, le recteur, l’abbé Jean-François Pasturel, y avait, aux environs de 1816, repris la célébration des fêtes de la Vierge, avec l’accord du président du conseil de fabrique, M. Rouget, et du maire M. Dobet-Desforges.

Plus tard, son successeur, l’abbé Mathurin Lechien (1822- 1861) « accepta d’y célébrer, en semaine, quelques messes basses, demandées par nos marins » (déclaration du maire Constant Renault, de 1854). Cette attitude, frisant l’illégalité, n’était pas pour effrayer un homme de foi, comme l’abbé Lechien, dont son ami, l’écrivain ultra-catholique Louis Veuillot, a tracé « un des plus beaux portraits de prêtres de la littérature française » (chanoine Dutemple)…

Dans les années 1840, le Conseil Municipal, ayant renoncé à construire une école communale à l’emplacement de l’ancien cimetière, face à l’église, comme il en avait initialement le projet, décide d’affecter le bas de la chapelle à l’école primaire des garçons. Les gamins d’Erquy y reçurent les rudiments de l’éducation donnée par des instituteurs congréganistes jusqu’à l’été 1854. A leur départ, la commune doit affecter 300 frs à la remise en état des lieux. Le Conseil eut même l’idée de bâtir la nouvelle école contre la vieille chapelle, sur le tertre : « le lieu étant salubre et central, propre aux ébats des élèves après la classe ». On sait qu’il se décida, avec plus de sagesse, pour les ailes du bâtiment de la nouvelle mairie (1857).

Le 7 mai 1854, l’institutrice des filles et des tout jeunes garçons, Aimable de Billy (veuve de François Le Marchand), qui menait souvent ses bambins à Notre-Dame et avait la chapelle en vénération, offre, par testament, 200 frs à la Fabrique, afin d’y faire célébrer un service annuel pour le repos de son âme. Pour que la Fabrique puisse accepter ce don, il fallait que la chapelle fût dotée du statut juridique adéquat. Aussi, le maire M. Eugène Le Mordan de Langourian, demanda-t-il au Ministre des Cultes l’érection de Notre-Dame en « chapelle de secours ». Il fait valoir auprès du préfet que « la chapelle était en grande vénération, non seulement des habitants de la paroisse, mais ceux des paroisses voisines ».

L’ingénieur des Ponts et Chaussées fournit un certificat comme quoi elle était d’accès facile. (Le chemin montant d’Erquy sera écrêté, à son niveau, en 1860) De plus, le Conseil s’engage, par délibération du 21 septembre 1856, à pourvoir à son entretien, au cas où les deniers de la fabrique seraient insuffisants. Par décret impérial du 7 juillet 1857, Napoléon III érige la chapelle Notre-Dame des Sept Saints d’Erquy, en « chapelle de secours ». L’Évêque de Saint Brieuc, Mgr. Le Mée autorise aussitôt le recteur Lechien, à y célébrer le culte comme à l’église paroissiale. Désormais la fabrique pouvait accepter les dons. Entre 1860 et 1880, une dizaine de services y furent fondés par de pieuses femmes d’Erquy. Entre autres, Madame Rouget, née Sèbert, du bourg ; Aimée Jasson, des Salines ; Marie Madeleine Dutemple, du Dréneuf ; Élisabeth Dobet, etc. . . .

La nouvelle chapelle

Cependant, la nécessité de construire une nouvelle chapelle se faisait sentir. Au cours d’une de ses premières visites épiscopales, le nouvel évêque de Saint-Brieuc, Mgr Augustin David, grand bâtisseur devant l’Éternel, pressa le recteur, successeur de l’abbé Lechien, l’abbé Jean-François Lévêque (1863 ’ 1876), de se charger de cette initiative. L’abbé Lévêque avait déjà été vicaire à Erquy. Neveu de l’abbé Diveu et petit-fils de Jacques Dutemple, du Dréneuf, c’est bien un enfant de la paroisse. Il emporte facilement l’adhésion du maire Eugène Le Mordan de Langourian, qui, après son départ de la mairie, le 15 septembre 1865, restera trésorier de la fabrique, c’est-à-dire le maître d’œuvre. Il était encouragé par un don important de mademoiselle Louise de Touteville : 2.400 frs, destinés exclusivement à la reconstruction de la chapelle (testament du 11 décembre 1864). Il était certain que cette somme ne suffirait pas. Le recteur fit appel « à la piété des fidèles et à la générosité de quelques familles que l’on voit traditionnellement à la tête de toutes les bonnes œuvres » (semaine Religieuse 1869 N° 47). N’ayant pas retrouvé les comptes de la construction de la nouvelle chapelle, nous ne pouvons indiquer les noms des généreux donateurs. La fabrique donna 500 frs. Le budget communal ne fut pas mis à contribution.

La fabrique fit appel à l’architecte diocésain Le Guérannic. Les travaux furent confiés aux frères Vautier. Les grès appareillés des murs, ainsi que les poudingues du soubassement et des modillons, furent extraits des carrières d’Erquy, alors en pleine extension. Seul, le clocheton ajouré, qui demandait une taille fine et délicate de la pierre, fut exécuté en granit de l’Île Grande.

Bien que l’intérieur ne fut pas achevé, la chapelle fut consacrée le 8 septembre 1867 par Mgr David et son ami Mgr Le Breton, évêque du Puy, alors à Saint Brieuc. Monseigneur, désireux de restaurer la dévotion aux saints fondateurs de son diocèse, promit au recteur de « l’enrichir par un don précieux : reliquaire en bronze doré, renfermant les reliques des principaux apôtres de la Bretagne ». Deux ans plus tard, il vint lui-même, installer son reliquaire. Le 8 septembre 1869, après avoir donné la confirmation aux enfants d’Erquy et de Plurien, il monte avec le clergé à la chapelle. Les enfants de Marie, avec leurs oriflammes ouvraient la procession. Quatre prêtres revêtus de la dalmatique portaient « les reliques glorieuses des Sept Saints »… sur le parvis, Mgr prononça leur panégyrique… la cérémonie se termina par un Te Deum… » (Semaine religieuse 1869 n° 47)

Malheureusement, Mgr David, archéologue averti, mais breton de fraîche date, enclin à un certain chauvinisme épiscopal, avait remplacé les saints fondateurs des évêchés bretons, par des saints évangélisateurs des seules Côtes-du-Nord. Les fondateurs des évêchés qui n’étaient pas sous la juridiction, furent donc remplacés par Efflam, Maudez, Yves, Guillaume, Briac… Mais cela n’avait guère d’importance. Ce reliquaire, au goût du jour, ne ressuscita pas à Erquy l’antique dévotion aux Sept Saints fondateurs, confondus avec d’autres, déjà perdus dans la nuit des temps, comme le Tro-Breiz oublié.

L’autel ne sera mis en place qu’à la fin de 1872. Il avait été commandé au sculpteur Lannionais bien connu, Le Mérer fils, et fait l’admiration d’un journaliste local : "l’élégance de la forme, la souplesse des ornements, l’expression des statues dont quelques unes représentent des saints bretons reconnaissables à leurs attributs, produisent un magnifique effet d’ensemble" (Le Lannionais d’octobre 1872). Avec lui, arrivait de Lannion, un calvaire commandé à l’entreprise Hernot. Il ne manque pas d’allure sur son socle imposant en poudingue mais remplace de façon bien banale l’antique croix des Sept Saints fondateurs.

Notre-Dame des Marins

Depuis le XVIe siècle, les marins d’Erquy pêchaient à Terre-Neuve. La pêche sédentaire qu’ils y pratiquaient, à partir de la côte, n’était certes pas plus meurtrière que les embarquements sur les bâtiments de la Compagnie des Indes ou les vaisseaux du Roi que leur imposait leur condition d’Inscrits Maritimes. Mais, lorsqu’à partir des années 1860, la pêche à la côte de Terre-Neuve devint impossible, les armateurs se tournèrent vers la pêche sur les bancs, au large, dite « pêche errante », pratiquée à bord des doris, puis vers la pêche d’Islande, sans guère se soucier des risques énormes qu’entraînait pour la vie des équipages cette nouvelle façon de pêcher la morue. Les familles d’Erquy, comme celles d’autres communes de la baie de Saint Brieuc, payèrent un lourd tribut à la mer. Leurs hommes et leurs garçons, embarqués sur les goélettes de Dahouët ou du Légué (armements de MM. Le Pomellec, de Kerjégu, Le Péchon, Boutevillain, Rubin, Carfantan, etc . . . ) partaient au printemps, sans être sûrs de revenir à la fin de l’été. La population d’Erquy, tout entière concernée, donna à la nouvelle chapelle le vocable de Notre-Dame des Marins. On venait, en septembre, y déposer des ex-voto de remerciement, au retour heureux de la campagne… On y inscrivit le nom de ceux qui n’auront jamais de sépulture terrestre, comme en d’autres communes on consacrait au cimetière, un mur des « péris en mer ».

Une cérémonie émouvante eut lieu en septembre 1874, après la tempête du 3 septembre qui vit la disparition d’un bateau de pêche d’Erquy et de 5 hommes, perdus sur le Gros-Blanc (semaine Religieuse 1874 N° 44). On annonçait aussi le naufrage de 15 bateaux de la baie perdus à Terre-Neuve.

Cette pieuse coutume cessa après la guerre de 14-18 qui surpassa en horreur la douleur qui avait frappé Erquy à l’annonce, en 1910 du naufrage de « la Glaneuse » (armement Carfantan) où périrent 6 enfants de la commune.

Entre les deux guerres, le « Grand Métier » resta aussi dur, mais devenait moins meurtrier. C’est St Malo qui, alors, drainait les « pelletaslt ». L’écrivain régionaliste, Florian Le Roy, évoque « les départs d’Erquy, au petit jour, dans l’omnibus à Garnier… avec les hommes accroupis et accrochés à tous les coins », grimpant la côte de la chapelle des Marins et reprenant souffle au pied du calvaire…

Dès lors, la vie de la chapelle ne fut plus rythmée que par les processions de la fête de la Vierge, dont les cartes postales nous rappellent la foi et la beauté. Quant à la fête profane, « la guerre 14-18 l’a condamnée. Elle ne lui survécut que peu de temps et on ne verra plus les grandes tentes où l’on débitait le cidre du crû, ni les marchands de craquelins et de simériaux » (François Ruellan. page 28).

La « séparation de l’Église et de l’État », avait fait, de nouveau, de la chapelle un bien communal. En 1928, la foudre tomba sur le clocher, détruisit la toiture et une partie de la galerie intérieure. La chapelle étant assurée par la commune, fut restaurée par M. Henri Brandely, entrepreneur de travaux publics, qui remplaça la croix. . . .

J.P. Le Gal la Salle