Dimanche 4 janvier 2015 — Dernier ajout vendredi 2 janvier 2015

Bénir, ou la prière des lèvres

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Bénir, ou la prière des lèvres

Lorsque la nouvelle année commence, nous souhaitons tout le bien possible à nos proches. Ces paroles de bénédiction permettent un lien meilleur entre tous les hommes. Avec l’année nouvelle, nous formulons des vœux de bonheur, de réussite et de santé pour ceux que nous aimons. Nous voulons que ce bien leur soit accordé. Et nous le leur disons. C’est une parole de bénédiction ! À celle-ci s’ajoutent les compliments et les gestes d’affection : « Comme tu es élégante aujourd’hui ! Cette veste te va très bien ! Merci mon chéri, mon cœur, mon papa préféré, ma grande fille » . Autant de paroles de bénédiction.

Dieu, dans la Bible, n’hésite pas à promettre à Abraham : « Je bénirai ceux qui te béniront » (Gn 12,3). Par ces mots et cet engagement, Dieu crée une multiplication de la bénédiction et la promet à ceux qui béniront Abraham. Nous ne nous exprimons guère différemment lorsque nous faisons l’expérience que les amis de nos amis sont nos amis. La bénédiction se multiplie, les liens entre nous s’élargissent. Si je dis du bien d’autrui à un tiers, la confiance grandit, donc la foi grandit.

Les amis du Fils Toute bénédiction est une prière. Toute bénédiction est un baume qui adoucit les liens entre nous. Elle prend sa source dans ces mots du Christ : « Père, Seigneur du ciel et de la terre, je proclame ta louange : ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout-petits » (Mt 11, 25). Cette prière en rejoint une autre : celle du Fils qui, à l’heure de sa mort, alors qu’il est trahi par les siens, bénit le Père de lui avoir donné ces amis-là. Si Jésus dit à son Père que nous sommes pour lui des cadeaux, nous pouvons croire que nous sommes des cadeaux les uns pour les autres. « J’ai manifesté ton nom aux hommes que tu as pris dans le monde pour me les donner. Ils étaient à toi, tu me les as donnés, et ils ont gardé ta Parole » (Jn 17, 6). Elle achève la prière du Fils qui est lui-même la bénédiction de Dieu pour ce monde. Le monde est rempli de l’odeur du nom du Christ comme un champ parfumé. « La bénédiction est la rosée du ciel, c’est-à dire la pluie sacrée de la parole de Dieu et la fécondité de la terre, c’est-à-dire de l’assemblée des nations » , dit saint Augustin dans La Cité de Dieu (chapitre 37).

Vouloir le bien Bénir, c’est dire du bien, vouloir du bien. Bénir Dieu, ce serait vouloir le bonheur de Dieu. Œuvrer à la joie de Dieu. Cette joie naît de la joie de Dieu. Bénir Dieu, c’est bénir l’homme. Bénir l’homme, c’est bénir Dieu.

Sœur Anne Lécu, o.p. Le repos de la Sainte Famille. Les Frères Le Nain.